Le Québec peut-il bâtir un secteur manufacturier "durable"?

Publié le 31/01/2012 à 11:45, mis à jour le 03/02/2012 à 13:25

Le Québec peut-il bâtir un secteur manufacturier "durable"?

Publié le 31/01/2012 à 11:45, mis à jour le 03/02/2012 à 13:25

BLOGUE. Le secteur manufacturier québécois n’est pas mort. En fait, il occupe une part plus importante de l’économie québécoise ( 16,1%) que de l’économie canadienne (12,8%) ou américaine ( moins de 12%).


Ça, c’est le présent. Et demain? Qu'adviendra-t-il du secteur manufacturier québécois, nord-américain et même mondial? Trouverons-nous un modèle "durable"?


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Une étude du Boston Consulting Group portant sur l'avenir du secteur manufacturier  affirme que, d’ici 2015, nous assisterons à la renaissance du secteur manufacturier américain. Six secteurs en particulier devraient “rentrer au bercail”: le matériel de transport, l’électronique, les produits en métal, la machinerie, le plastique et le caoutchouc, les appareils électriques et l’ameublement. Tout cela à mesure que la Chine voit son avantage concurrentiel au niveau des coûts s’estomper.


Obama y croît dur comme fer. La moitié de son discours 2012 sur ‘l’état de l’Union” (State of the Union) portait sur le nouveau cadre qu’il souhaite donner à l’économie américaine, un cadre reposant en grande partie sur le secteur manufacturier.


En fait il y a deux secteurs manufacturiers:


-celui que l’on a perdu et que l’on souhaite rapatrier;


-celui que l’on a conservé et que l’on tente de sauver.


Par rapport au secteur manufacturier que l'on aspire à rapatrier, il faut garder la tête froide: croit-on vraiment que l’Asie laissera partir un pan entier de son économie sans se battre? Qu’elle n’a pas vu venir le coup? Qu’une économie aussi planifiée, dirigée, centralisée n’a pas élaboré une stratégie pour répliquer?


Certes, délocaliser n’est plus l’ultime modèle d’affaires pour contrôler ses coûts, comme c’était le cas il y a 15 ou 20 ans. Par contre, la spécialisation a remplacé la délocalisation. Jadis, on sous-traitait bêtement la production là où les coûts étaient plus bas. Aujourd’hui, on prend aussi en considération là où se trouvent les ressources, les talents et l’expertise. Et ce n’est pas toujours dans notre cour… Pas moins de 27 pays différents sont mis à contribution pour fabriquer un Airbus.


Le secteur manufacturier que l’on a conservé répond à la même logique que celui que l’on a perdu: on conservera nos usines tant qu’on trouvera chez nous les meilleures ressources pour fabriquer des produits optimaux. Un produit optimal est celui qui trouvera suffisamment de clients pour assurer l’existence de l’entreprise et un taux de rendement raisonnable.


LA question: comment un pays peut-il bâtir un secteur manufacturier “durable”, un secteur qui ne risque pas de migrer du jour au lendemain? Pour alimenter votre réflexion, je vous suggère de visionner cette  vidéo de cinq minutes intitulée “The future of manufacturing”. On y parle “d’advance manufacturing” et de nouveau manufacturier.


Ce que cette vidéo soulève.


Deux tendances contradictoires:


-les entreprises n’ont plus à être localisées à un seul endroit, toutefois l’étalement de la chaîne d’approvisionnement commence à devenir un casse-tête pour les organisations. De plus, la volatilité des monnaies pourrait favoriser une agrégation de la chaîne d’approvisionnement.


Une question:


-un secteur manufacturier fort suppose-t-il nécessairement une aide supplémentaire de l’État? Un interviewé cite le dirigisme chinois.


Deux idées:


-L’avenir du secteur manufacturier repose sur une concertation du monde du travail, des affaires et de l’État.


-L’avenir du secteur manufacturier d’un pays repose sur sa capacité à effectuer un inventaire objectif et exhaustif de ses compétences, de l’éducation de sa population, de ses ressources, etc. Bref, sur la capacité à répondre froidement à la question: “en quoi sommes-nous doués?”


Tant mieux si le secteur manufacturier québécois ne se porte pas si mal. Reste à lui trouver un modèle durable.

http://youtu.be/rIdoIKukpnU

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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