Tendance: investir dans des fonds qui s'attaquent aux grands enjeux de la planète

Publié le 20/10/2016 à 15:01

Tendance: investir dans des fonds qui s'attaquent aux grands enjeux de la planète

Publié le 20/10/2016 à 15:01

En décembre 2015, le gouvernement français a lancé le label «transition énergétique et écologique pour le climat». Celui-ci est attribué aux fonds qui investissent dans des sociétés contribuant à la transition vers une croissance verte. Six fonds ont déjà reçu ce sceau. Ils représentent des actifs de 1,032G$ CAD. Les organismes certificateurs sont Novethic et EY France. Les postulants à ce label doivent répondre aux exigences suivantes :


1- le pourcentage d’actifs investis dans sociétés participant à la transition énergétique et à la lutte contre le changement climatique doit être supérieur ou égal à 20% ;


2- le pourcentage d’actifs investis dans des sociétés qui ne contribuent que très peu à la transition doit être inférieur à 10%.


SUIVEZ-MOI SUR TWITTER: diane_berard


LISEZ MON BILLET PRÉCÉDENT


Ce label s’inscrit dans une nouvelle vision de la finance dans l’économie. On peut investir pour appuyer un projet. Mais on peut aussi vouloir que notre argent contribue à régler des problèmes sociétaux. Nous avons d’abord compris qu’acheter c’est voter. Aujourd’hui, on commence à réaliser qu’investir c’est aussi voter.


En août 2015, 193 pays ont adopté les 17 objectifs de développement durable, dont la consommation responsable, l’égalité des genres, la sécurité alimentaire, les infrastructures de qualité, etc. «Ces objectifs constituent le plan d’action en développement durable pour la planète. Ils peuvent aussi former un cadre permettant aux investisseurs de faire leur part en investissant dans des solutions de placement qui contribuent à atteindre ces objectifs», a souligné Rosalie Vendette, conseillère principale, investissement responsable, Mouvement Desjardins. Rosalie est membre du comité organisateur du «Colloque québécois sur l’investissement responsable» qui s’est tenu hier. Ce colloque est organisé par le Réseau PRI Québec. PRI Québec fait partie du Réseau International Principles for Responsible Investment qui réunit des investisseurs de partout dans le monde qui estiment que leurs choix de placement peuvent contribuer à faire de la finance une « force positive». Ils contribuent aussi à travers l’engagement actionnarial - c’est-à-dire un dialogue constructif avec les dirigeants – à inciter les entreprises à adopter des comportements à impact positif.



Comment les investisseurs peuvent contribuer à l’atteinte des objectifs du développement durable de l’ONU


Lord du colloque sur l’investissement responsable du 19 octobre dernier, on nous a présenté l’initiative de la Française Banque BNP Paribas. Celle-ci offre les fonds BNP Paribas Aqua, BNP Paribas développement humain et BNP Paribas SMaRT Food. Tous les trois apportent des solutions à des défis sociétaux contemporains. Chacun a recueilli plus de 1GSUS d’actifs.


Le fonds développement humain propose à l’investisseur des sociétés qui s’intéressent au vieillissement de la population, à la santé publique, à la création de produits respectueux de l’environnement, etc. L’agence Morningstar a salué la performance de ce fonds en lui attribuant la cote la plus élevée, soit 5 étoiles.


Le fonds SMaRT Food opte pour des entreprises qui contribuent à réduire l’impact sur l’environnement, c’est-à-dire à limiter l’utilisation des « intrants », à abaisser le niveau des pollutions et à combattre le réchauffement climatique. Ce fonds n’investit pas dans des sociétés qui prendraient part, d’une façon ou d’une autre, à la hausse des prix des matières premières agricoles, à l’accaparement de terres, propriété de populations autochtones, à la production de substances considérées par les autorités scientifiques comme nocives ou cancérigènes. La stratégie interdit également d’investir dans les sociétés qui auraient comme activités dominantes la fabrication de nourriture de faible qualité nutritive ou de boissons riches en sucres et qui favoriseraient, de la sorte, l’apparition de diabète ou de troubles fonctionnels.


Mettre à contribution les investisseurs privés et les investisseurs institutionnels pour venir à bout des grands défis du 21e siècle est incontournable. On ne peut pas s’en remettre uniquement à l’argent des États et à celui de la philanthropie. Cela n’est pas viable. Et ça n’a aucun sens. Il y a trop de gens, trop d’idées, trop de ressources dans les entreprises pour ne pas les inclure dans la recherche de solution aux problèmes sociaux et environnementaux. Et puis, les enjeux du 21e siècle ne sont pas que des problèmes, ce sont aussi des occasions d’affaires. Les entreprises les plus allumées le réalisent.


Il reste toutefois du travail à faire pour connecter intelligemment les 17 objectifs de développement durable aux sociétés qui s’y attaquent. Et, surtout, à celles qui ont un impact. réel. Car si les sociétés qui formeront ces futurs fonds n’ont pas d’impact sur les défis sociétaux, on donnera raison aux sceptiques de l’investissement responsable.


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

Blogues similaires

Vieillissement : le véritable enjeu présenté dans le recensement

Édition du 26 Août 2017 | René Vézina

CHRONIQUE. On se demande encore comment ils ont pu se tromper à ce point, mais la poussière est en train de retomber ...

Apple : le marché voit-il trop grand ?

Édition du 26 Août 2017 | François Pouliot

CHRONIQUE. Alors, allez-vous l'acheter, ce fameux iPhone 8 ? La question est dans tous les esprits tandis ...

Comment vraiment décrocher du travail?

22/08/2017 | Olivier Schmouker

BLOGUE. Cet été, 1 Québécois sur 3 n'ont pas pris de vacances. Et ont raté une occasion en or de gagner en productivité.