Et si les artisans s'inspiraient des agriculteurs bio?

Publié le 12/10/2017 à 14:45

Et si les artisans s'inspiraient des agriculteurs bio?

Publié le 12/10/2017 à 14:45

La première cohorte d'entrepreneurs de Quartier artisan en compagnie de Pierre Ballofet, expert en image de marque, professeur à HEC Montréal

Le bio est en épicerie. Et si les artisans pénétraient eux aussi les grands réseaux de distribution ?


«Aujourd’hui, les artisans ont moins peur de frôler les limites. Ils veulent toujours créer des pièces uniques, mais ils désirent aussi produire des quantités suffisantes pour assurer leur rentabilité et leur pérennité. L’artisan ne se définit plus par la quantité de pièces qu’il produit» - Cécile Branco-Côté, codirectrice générale de l’accélérateur Quartier artisan à Lac-Mégantic


«Les épiceries ont désormais deux ou trois rangées de produits bios pour répondre à la demande des consommateurs. Il est temps de faire de même pour les produits de l’artisanat. Participer à trois ou quatre foires par année n’est pas un système de distribution optimal ni pour l’artisan ni pour le consommateur. Le marché est mûr pour une distribution plus structurée. Et l’artisan pour un modèle d’affaire plus solide» - Mariouche Gagné fondatrice d’Harricana, designer chez Canadian Hat et coach au Quartier Artisan.


L’artisanat comme moteur de développement local. C’est l’idée que défend l’accélérateur Quartier artisan. Il a été lancé par Cécile Branco-Côté et Bernard d’Arche, il y a un an, pour accompagner la croissance des entreprises artisanales.



«Tout de suite, on a collé l’étiquette sociale sur notre accélérateur, dit Cécile Branco-Côté. On a du chemin à faire! Quartier artisan est un projet économique. L’artisanat est un des secteurs les plus démocratiques de l’économie. Il est réparti également dans toutes les régions du Québec. L’encourager c’est favoriser un développement économique régional équilibré.»


En France, on a donné une définition restrictive de l’artisan. Pour être artisan, il faut avoir dix employés ou moins. Au Québec, il n’existe aucune restriction de ce type. Les seules limites seraient celle que l’artisan s’impose lui-même et la perception de la société de ce qu’est une pièce artisanale.


Le phénomène des néo-artisans


Un facteur contribue à la modernisation du métier d’artisan: l’arrivée des néo-artisans. Il s’agit de femmes et d’hommes dans la trentaine et la quarantaine qui ont généralement fait carrière dans le secteur de la créativité. Ils sont à la recherche d’un nouveau défi et visent le démarrage d’un commerce de proximité. Les néo-artisans ne sont donc pas issus de la filière traditionnelle de l’artisanat. Ils forment une catégorie hybride qui influence l’ensemble du secteur.


Lowell, l’exemple d’un artisan qui est passé à l’échelle


«Il faut que les artisans aient d’autres vitrines que le site Etsy ou les salons d’artisanat, estime Mariouche Gagné. C’est trop épuisant. Les grands distributeurs doivent entrer dans l’équation.»


On peut citer le cas du fabricant montréalais de sacs à dos Lowell qui s’est associé au distributeur québécois LEF Industries pour avoir accès à un réseau plus vaste. LEF Industries est devenu actionnaire de Lowell. En quelques mois, le chiffre d’affaires du fabricant de sacs a triplé.


Mais pour viser une distribution plus importante, l’artisan doit en avoir la capacité et la structure. C’est ce que propose la formation élaborée par Quartier artisan.


Le programme de huit mois se compose de six modules de trois jours chacun


1-Camper sa vision d’entrepreneur et développer ses réflexes stratégiques;


2-Démystifier les finances et les outils financiers;


-3Adapter son offre à la demande;


4-Prévisions financières et identification des collaborateurs;


5-Définir l’expérience de sa marque et les outils de communication pour la promouvoir:


6-Développer sa créativité et sa singularité par son design.


 La première cohorte de Quartier artisan comptait des participants comme William Leclerc, fondateur d’Ebenor Percussion qui fabrique des batteries sur mesure, et Emmanuelle Dion, cofondatrice de Foutu Tissu qui propos des tissus d’ameublement, des meubles et objets décoratifs et un service de rembourrage durable.


La période d’inscription pour la prochaine cohorte de Quartier artisan débute aujourd’hui (12 octobre) et se termine le 30 novembre. Il en coûte 1000$ pour les cours et 15 heures d’accompagnement. La SODEC offrira à chaque participant une subvention de 1500$ pour un projet de production, exportation ou promotion. La cohorte comporte huit places. Bonne chance!


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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