Doit-on assouplir les règles pour les entreprises qui font le bien?

Publié le 27/04/2015 à 10:36

Doit-on assouplir les règles pour les entreprises qui font le bien?

Publié le 27/04/2015 à 10:36

À Dallas et Fort Lauderdale, PepsiCo place des pubs sur le sol des pistes cyclables. Des pourparlers sont en cours pour répéter l’expérience à Boston et Portland, Oregon. Ce précédent est une idée d’Ignition Factory, le lab créatif de l’agence Omnicom.



« Doit-on assouplir les règles pour les entreprises qui font le bien? Un fabricant de jus santé peut-il placer ses pubs où bon lui semble? »


Des pubs sur le sol des pistes cyclables


Les tronçons de ces pistes cyclables annoncent les boissons « Naked Juice ». C’est très futé. La devise de Naked est « aider la planète à se sentir mieux, une bouteille à la fois ». Les bouteilles « Naked Juice » ont un format carré, pour réduire le plastique nécessaire. Les usines qui fabriquent ces jus sont certfiées LEED ( Leadership in Energy and Environmenal Design). Les bananes employées pour les smoothies proviennent de la Rainforest Alliance. Bref, Naked Juice est un de ces produits vertueux qui vise à bien faire financièrement tout en faisant le bien autour de lui.


La vie est difficile pour les grandes entreprises du secteur alimentaire comme PepsiCo. Plusieurs de leurs produits ne correspondent plus aux goûts et aux besoins des consommateurs. Ce n’est pas pour rien que Kraft et Heinz se sont fusionnées. Ce sont deux géants en perte de vitesse qui s’accrochent l’un à l’autre pour survivre.


Les grandes entreprises achètent de petites marques vertueuses


La stratégie employée par plusieurs grandes marques alimentaires consiste à acheter de petits joueurs « vertueux » pour se refaire une virginité. Ainsi, PepsiCo a acquis Naked Juice en 2007. Tout comme, en 2013, Campbell a acheté le fabricant d’aliments pour bébés Plum Organics. Une entreprise qui a obtenue la certification B-Corp.


On ne peut pas blâmer les grands joueurs de l’agroalimentaire de s’adapter à la demande en ajoutant des produits santé à leur gamme. Et pour des entreprises de cette taille, et aux structures rigides, acheter une PME innovante et vertueuse ça donne des ailes!


Mais… faut-il appliquer des règles différentes aux entreprises qui font le bien? Doit-on nous montrer plus tolérant avec elles parce qu’elles font le bien? Une entreprise qui fabrique des jus santé peut-elle mettre sa pub où bon lui semble sans que l’on sourcille? Occuper un espace blanc – un espace jusque-là libre de pub – est-il plus acceptable si c’est une entreprise à mission plus ou moins sociale ou environnementale qui le fait?


Il serait temps de se poser cette question. Entre les entreprises qui font le bien, celles qui disent faire le bien, celles qui s’associent à des entreprises qui lefont… l’espace commence à être surpeuplé. Et ce n’est que le début!


À première vue, je ne vois aucune raison de me montrer plus tolérante envers une entreprise qui « fait le bien » et la laisser faire de sa pub où bon lui semble parce qu’elle « fait le bien ». Il faudra me donner de très bonnes raisons pour que je change d’idée. Je n’ai aucune envie de voir une annonce de boisson - qu’il s’agisse d’un cola ou de jus de tofu aux graines de lin - pendant que je pratique la randonnée, l’escalade ou le vélo. Et vous?


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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