Ces entrepreneurs aident les Anthony Bourdain et les Kate Spade

Publié le 08/06/2018 à 11:50

Ces entrepreneurs aident les Anthony Bourdain et les Kate Spade

Publié le 08/06/2018 à 11:50

Le chef Anthony Bourdain se serait suicidé dans sa chambre d'hôtel en France. (Getty Images)

Aujourd’hui, on apprend la mort du chef Anthony Bourdain. Le «mauvais garçon» de la cuisine se serait suicidé dans une chambre d’hôtel française, alors qu’il travaillait sur une série pour CNN. La vie de l'auteur de Kitchen Confidential ne fut certes pas un long fleuve tranquille.


Kate Spade était connue pour ses articles joyeux et colorés. Cette image cachait sa longue bataille contre la dépression. (Crédit: 123rf)


Mardi, on apprenait la mort de l’enfant-chérie de la mode américaine, Kate Spade. Un autre suicide. Si Anthony Bourdain entretenait l’image du «mauvais garçon», Kate Spade, elle, était l’opposé. Je suis une grande fan de ses créations. Elles vous donnent envie de sourire tant elles dégagent de bonheur. Mais derrière cette image se cachait, découvre-t-on, une femme rongée par la dépression. Un mal avec lequel elle cohabitait du mieux qu’elle pouvait. Kate Spade était suivie par des médecins. Elle prenait des médicaments. Ses proches connaissaient son état.


La montée des projets entrepreneuriaux liés aux troubles anxieux et à la dépression


Pourquoi je vous parle de tout ça? Parce que mon travail m’amène à assister à de nombreuses présentations (pitch) d’entreprises. Or, au cours des deux dernières, j’ai observé une augmentation des projets liés aux troubles anxieux et à la dépression. Cela s’inscrit dans la vague des entreprises à impact social. Des entreprises créées dans le but de résoudre un enjeu social ou environnemental.


Mon premier contact avec ce type de projet fut Revivre, un OBNL qui accompagne les personnes souffrant d’anxiété, de dépression et de bipolarité. Il les aide à reprendre du pouvoir sur leur santé et à jouer un rôle actif afin de la préserver.


Ma rencontre avec Stéphanie Fontaine de Revivre


Revivre faisait partie de la cohorte de l’accélérateur Impact 8 de l’an dernier. J’ai eu quelques conversations avec Stéphanie Fontaine, la directrice du programme «J’avance!» de Revivre. Stéphanie a vécu deux épisodes de dépression, le premier dans la vingtaine, le second dans la trentaine. Elle est rétablie depuis 16 ans. Vous pouvez lire son histoire ici. Elle raconte sa brillante carrière d’actuaire. Son passage au cœur de la City, à Londres. Ses séjours en psychiatrie. Stéphanie Fontaine a fait partie de ces 4 millions de Canadiens qui, chaque année, sont atteints de troubles anxieux et de l’humeur.


Le modèle d’affaires de Revivre repose sur des ateliers de soutien à l’autogestion de la santé mentale. Ces ateliers rejoignent 100 000 personnes par année. Revire avait joint l’accélérateur Impact 8 pour réfléchir à la massification de ses opérations et à la diversification de son modèle de revenu.


Des modèles d'affaires pour les enjeux de santé mentale


D’autres entreprises québécoises que j’ai croisées proposent des applications à télécharger, des agents conversationnels virtuels, des lignes d’écoutes, etc. Certains ont un objectif d’information et de référence. D’autres permettent à l’utilisateur de monitorer son niveau d’anxiété pour tenter de voir venir un épisode maniaque ou dépressif. Cela peut se faire, entre autres, à travers le niveau d’activité qui devient anormalement bas ou élevé. Un projet, présenté dans le cadre de la compétition Dobson Cup, organisée par l’université McGill, proposait que son application soit téléchargée à la fois par la personne souffrant de trouble anxieux et de l’humeur et par un de ses proches. Ce dernier pourrait ainsi suivre en temps réel l’apparition de symptômes et tenter d’intervenir pour, peut-être, prévenir le pire. Évidemment une telle application soulève des enjeux de vie privée et de confidentialité dont l’entrepreneur, qui a lui-même un proche souffrant de dépression, est fort conscient.


Contribuer à l'objectf no3 de développement durable des Nations-Unies


La semaine dernière, j’ai rédigé la manchette de Les Affaires qui portait sur les occasions d’affaires associées aux 17 objectifs de développement durable des Nations-Unies. Ces objectifs adoptés par les gouvernements de 193 pays, dont le Canada, deviennent un guide pour le développement de la stratégie des entreprises. Et les grandes firmes de consultants font des affaires d’or en aidant les entreprises à identifier les objectifs de développement durable qu'elles peuvent contribuer à atteindre.


L’objectif no 3 se lit comme suit: permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être à tout âge. Permettre à des hommes et des femmes de vaincre, ou de contrôler, leurs troubles anxieux et dépressifs fait donc partie des objectifs de développement durable de la planète.


Vous connaissez probablement l’expression «Faire bien et faire le bien» («Do well and do good»). Elle s’applique aux entreprises qui, au quotidien, à travers leur mission, produisent à la fois des retombées financières et sociétales.


Les enjeux de santé mentale offrent une occasion à ceux et celles qui ont l’âme entrepreneuriale une occasion de faire bien et de faire le bien.


Aujourd"hui, je remercie ceux et celles qui s'engagent dans ces projets.




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À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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