Ce cofondateur d'Anges Québec lance un groupe d'investissement d'impact

Publié le 26/03/2018 à 14:01

Ce cofondateur d'Anges Québec lance un groupe d'investissement d'impact

Publié le 26/03/2018 à 14:01

Guy Gervais (à droite), cofondateur d'Anges Québec, lance une cellule d'investissement d'impact. Étienne Desmarais, d'Ecotierra (à gauche) incarne un investissement-type. (Photo : Alain Decarie)

24 mai 2017


À la conférence C2 Montréal, l’ange investisseur Guy Gervais fait un tabac. Le fondateur d'HumaID capte l’intérêt et gagne le cœur des 120 participants de l’événement «Pitch inversé», organisé par Les Affaires et l’Esplanade.


Guy parle avec passion d’investissement d’impact. Un terme employé pour la première fois en 2007, lors d’une réunion au Bellagio Center, de la Rockfeller Foundation, au lac de Côme, en Italie. Un groupe d’investisseurs ont employé ce terme pour exprimer leur intérêt de combiner volontairement rendements financiers, sociaux et environnementaux.


Depuis plusieurs années déjà, Guy, un des membres fondateurs d’Anges Québec se promène avec son bâton de pèlerin d’investisseur d’impact. Il appartient à une communauté internationale de pionniers qui compte à la fois des investisseurs individuels et des investisseurs institutionnels.



3 avril 2018


Anges Québec lance sa cellule d’impact. Près du tiers (60/200) des anges investisseurs en font partie. Certains y sont par curiosité, pour en apprendre davantage sur cette forme d’investissement. D’autres, plus aguerris, sont prêts à passer à l’action ou bien ils le font déjà.


Pour la petite histoire, la cellule d’impact est l’évolution d’une cellule spécialisée qui existait déjà au sein d’Anges Québec: la cellule des technologies vertes. Signe des temps, on migre d’un groupe dédié à l’investissement environnemental à un autre centré sur l’investissement sociétal, qui inclut à la fois des retombées environnementales et sociales.


Le 3 avril, les 60 anges investisseurs de la cellule d’impact assisteront à trois présentations. Ecotierra - une des entreprises québécoises les plus avancées en matière d’impact sociétal complet - mène des projets forestiers et agroforestiers permettant à la fois d’améliorer de façon durable les conditions économiques des petits agriculteurs et de lutter contre les changements climatiques. Voici une vidéo où Étienne Desmarais, cofondateur d'Ecotierra, présente le fonds de gestion durable des sols Canopy, lancé en novembre 2017.



Nectar utilise la technologie pour optimiser la gestion des ruches et ainsi préserver la biodiversité. Voici une vidéo qui montre leur produit. Avertissement: cette vidéo n'a pas de son.



 


ESA, des solutions d’échangeurs d’air qui permettent d’améliorer la santé des animaux des poulaillers, de réduire les émissions de CO2 et augmenter les revenus grâce à un meilleur rendement issu de la meilleure santé des animaux.


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Chaque présentation de 30 minutes sera suivie d’une période de questions/discussions permettant aux investisseurs de fouiller le modèle d’affaires.


«J’ai choisi ces trois entreprises parce qu’elles sont menées par d’excellents entrepreneurs, explique Guy Gervais. Des gens qui ont de l’éloquence et de la profondeur. »


La démarche de sélection d’un investissement d’impact de Guy Gervais est simple :


-Vous choisissez un excellent entrepreneur;


-Vous vous assurez qu’il a un modèle d’affaires solide;


-Vous vous assurez qu’il existe bel et bien un marché pour son produit ou son service;


-Vous y appliquer le filtre impact: ce produit ou ce service a-t-il un impact positif volontaire pour la planète?


Si toutes ces conditions sont remplies, Guy Gervais investit. « Que ce soit clair, lorsqu’un entrepreneur me soumet un projet à impact, le filtre impact est le dernier que j’applique. Toutes les autres conditions doivent d’abord être remplies. » Il poursuit, «Ça ne rendrait pas service aux entrepreneurs, ni au secteur de l’investissement d’impact, si je n’exigeais pas des projets aussi solides que dans le cas d’un projet d’investissement traditionnel.»


D’autres bailleurs de fonds québécois emboiteront-ils le pas en créant, eux aussi, un groupe pour explorer l’investissement d’impact?


L’idée est attirante, certes. Mais, à mesure que l’intérêt croît pour ce type d’investissements, certains promoteurs de projets à impact sociétal s’inquiètent.


Les investisseurs sont-ils vraiment prêts pour l’investissement sociétal? C’est ce dont ont discuté les panélistes du panel «The Inconvenient Truth About Social Investment», de l’événement «Good Deals + Beyond Good Business », à Londres, le 13 mars dernier. Ils ont mentionné la pression au rendement financier que certains projets d’impact ne peuvent soutenir. Du coup, parce qu’ils ne peuvent offrir un rendement de 7%, ces projets sont écartés par les investisseurs. Les entrepreneurs doivent trouver d’autres voies de financement que le capital privé. Ou bien, ils abandonnent.


Mes 5 questions à la communauté d'investissement d'impact


Ceci m’amène aux cinq questions suivantes:


1- Est-il réaliste de calquer les attentes de rendement de l’investissement d’impact sur celles de l’investissement traditionnel?


2- Est-ce la condition indispensable pour que l’investissement d’impact se répande?


3-Assisterons-nous à une homogénéisation des projets à impact positif pour répondre aux attentes des investisseurs?


4- Est-ce souhaitable?


5- Si cette homogénéisation est inévitable, faut-il imaginer d’autres outils financiers pour les projets aux rendements inférieurs à 6% ou 7%, au lieu d’entretenir la pensée magique que l’investissement d’impact a un spectre large?


Je les lance à la mer en espérant que, parmi ceux et celles que l’investissement d’impact interpelle, certains auront envie d’y réfléchir.


Je suis partante pour vous écouter quand vous voulez. Si vous êtes assez nombreux, on se fera un petit événement et un panel :-)


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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