C2 Montréal: employeurs, cessez de vous fier aux références

Publié le 22/05/2018 à 11:44

C2 Montréal: employeurs, cessez de vous fier aux références

Publié le 22/05/2018 à 11:44

Katie Bardaro, vp analyse de données pour le site de comparaison de rémunération PayScale, participe à la session "Capital impartial" le 23 mai

En gros, le tiers des travailleurs ont profité d’un coup de pouce pour décrocher leur emploi. C’est normal, non? Il est toujours rassurant pour un employeur qu’un candidat lui soit recommandé.


Eh bien, non!


«La méthode des références cache d’énormes biais. Les employeurs n’en sortent pas gagnants», prévient Katie Bardaro, vice-présidente, analyse de données chez PayScale. « Discover what you’re worth », telle est la devise de ce site américain de comparaison de rémunération.


Katie Bardaro sera conférencière à C2 Montréal demain après-midi (mercredi 23 mai) pour la session de 13h15, «Capital impartial, équilibrer le pouvoir». Les conférenciers de cette session se donnent comme mission de corriger les injustices économiques et sociales liées au monde du travail.


«Il est démontré que les références professionnelles vers les hommes blancs sont disproportionnées. Ce biais empêche les entreprises de dénicher les meilleurs candidats, car certains profils sont surreprésentés. Et cela prive de bons candidats et de bonnes candidates d’une chance égale à un emploi de qualité», résume-t-elle.


PayScale a été créée en 2002 pour équilibrer le rapport de force entre les employés et les employeurs. Comment? En corrigeant l’asymétrie d’information à propos de la rémunération. «On a démarré PayScale pour que les employés puissent évaluer avec justesse leur valeur sur le marché du travail en fonction de leur expertise, de leur expérience et de la région où ils se trouvent. En 2004, nous avons ajouté les employeurs comme clients. Pour atteindre nos buts, soit un dialogue franc et transparent et une rémunération juste, il nous semblait naturel que les employeurs connaissent eux aussi les échelles salariales.»


Le site comporte donc eux onglets, "What am I worth" et "How should I pay?".


Pour colliger ses informations, Payscale s’appuie sur l’intelligence artificielle et l’apprentissage machine. Elle mène des sondages en temps réel, principalement au Canada et aux États-Unis. Sa banque contient trois millions de profils.



En quoi PayScale améliore-t-elle la situation des travailleurs?


Moins de la moitié (43%) des employés demandent une augmentation de salaire. Parmi ceux qui osent le faire, les trois quarts (75%) la reçoivent. «Nous avons réalisé qu’il ne suffit pas de dire à un employé ce qu’il vaut sur le marché, il faut aussi lui donner des outils pour négocier, explique Katie Bardaro. Trop de candidats sont prisonniers de leurs peurs et de leurs insécurités. Nous avons donc enrichi notre site d’une section sur l’art de la négociation. Et nous avons pris soin que nos conseils s’adressent autant aux jeunes recrues qu’aux employés d’expérience. »


En quoi PayScale contribue-t-elle à un monde plus juste pour tous les travailleurs?


«Notre mission ne se limite pas à permettre aux employés d’avoir accès à un meilleur salaire, souligne Katie Bardaro. Nous élargissons le champ de leurs possibilités en leur permettant d’explorer d’autres carrières.» Parfois, vos options sont simplement limitées, poursuit-elle. «Connaître la rémunération associée à votre expertise peut vous ouvrir les yeux sur la nécessité de changer de carrière ou d’ajouter des formations à votre expertise.»


Prenons le cas des femmes. «Si on veut combler le fossé entre leur situation économique et celles des hommes, il faut travailler en amont. Nous croyons qu’en donnant accès à la rémunération des différentes professions, certaines étudiantes prendront en considération des carrières mieux rémunérées qui seraient passées sous leur radar. À moyen terme, on améliore le pipeline des femmes ayant une situation économique plus avantageuse et de meilleures possibilités pour l’avenir.»


Prochain défi: améliorer le sort des travailleurs de plateformes


Depuis 16 ans, PayScale se concentre sur les travailleurs salariés. Mais le visage du travail change. Un nombre croissant d’hommes et de femmes n’ont pas de lien d’emploi avec une entreprise. Ils accumulent les contrats et s’affichent souvent sur des plateformes. Dans ce monde du travail fragmenté, les travailleurs sont isolés. Négocier leur rémunération devient un défi insurmontable. Cela crée une nouvelle fracture chez les travailleurs. Payscale se donne comme défi de rétablir la justice dans cet univers aussi. Elle veut collecter et publier de l’information pour ces travailleurs et ceux qui transigent avec eux.


Voilà, si la justice sociale vous interpelle je vous incite à parcourir le site PayScale. Si vous êtes un employeur, questionnez-vous sur vos biais et leurs conséquences. Personne n’est à l’abri. Nous en avons tous. En matière de références, il faut se méfier des appararences.


Et si vous avez un billet pour C2, la session «Capital impartial » se tient à 13h15 demain (mercredi 23 mai).


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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