Bérard: victoire anti-syndicale historique au Michigan

Publié le 13/12/2012 à 16:08, mis à jour le 13/12/2012 à 16:11

Bérard: victoire anti-syndicale historique au Michigan

Publié le 13/12/2012 à 16:08, mis à jour le 13/12/2012 à 16:11

BLOGUE. Mardi, le Michigan est devenu le 24e État américain à implanter le « right-to-work ». Cette loi rend l’adhésion à un syndicat non obligatoire. Elle permet aussi à des employés travaillant pour une entreprise syndiquée de ne pas payer de cotisations tout en profitant des avantages que le syndicat tirera de la négociation collective.


Vous me direz que c’est une non-nouvelle, qu’il y a déjà 23 États où cette loi est appliquée. Et bien non ! Le Michigan a beau être le 24e États à joindre ce mouvement, son adhésion change tout. Au Michigan il y a Détroit. Et Détroit, c’est le berceau de l’industrie automobile et, par extension, un château-fort du mouvement syndical américain. La nouvelle est donc importante.


Le « right-to-work » est une mesure populaire dans les États du Sud. Elle vise à rendre un État plus attirant pour les entreprises locales et étrangères. Cela s’’inscrit dans le même esprit que les baisses de taxes ou les congés fiscaux.


On a tendance à conclure que cette mesure crée des emplois. C’est d’ailleurs ce qui explique le nom étrange que celle-ci porte. La réalité est plus complexe. Les États « right-to-work » sont d’emblée généreux et conciliants avec les entreprises. Il devient donc difficile d’isoler l’effet d’une mesure particulière, comme le « right-to-work ». C’est plutôt l’environnement d’affaires général qu ‘ont créé ces États qui agit comme un aimant sur les entreprises.


Derrière le « right-to-work » se profile l’enjeu américain par excellence : la liberté individuelle. Cette mesure préserve ce que les Américains ont de plus cher, leur liberté. Et, comme le résume l’avocat Richard D. Kahlenberg sur le site « The New Republic », les partisans de cette loi défendent les libertés individuelles alors que ses détracteurs prônent la solidarité. Évidemment, cela donne lieu à un dialogue de sourds.


Le Sud des États-Unis, c’est loin du Canada et du Québec. Mais, le Michigan…

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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