Les enfants, ces formidables mentors

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Septembre 2015

Les enfants, ces formidables mentors

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Septembre 2015

Photo: Shutterstock

Nous partageons notre quotidien avec nos enfants. Nous jouons avec eux. Nous les guidons au mieux de nos connaissances. Nous les aimons. Mais est-ce que l'on se rend vraiment compte de l'apport extraordinaire que peut avoir leur vision sur notre vie adulte ? Et si on prenait le temps de les regarder, de les interroger, d'observer leurs réactions ?


Je dois vous avouer que, plusieurs fois par le passé, j'ai pu résoudre certaines de mes difficultés comme entrepreneure, femme et dirigeante en observant attentivement mes enfants, puis mes petits-enfants. Grâce à cette lucidité qui leur est propre, ils savent simplifier des situations qui nous semblaient pourtant si complexes. Sans en prendre conscience, ils ciblent souvent le coeur même de la problématique. Je m'émerveille chaque jour devant leur créativité foisonnante, leur rare perspicacité, leurs pistes de solution à la fois justes et imaginatives.


Il peut sembler paradoxal de rapprocher la candeur des enfants de la rigueur souvent impitoyable des affaires. Je suis toutefois convaincue que les plus jeunes détiennent des réflexes naturels qui pourraient assurément nous inspirer au quotidien et aiguiser nos compétences en tant que dirigeants et entrepreneurs.


L'audace et la prise de risque


Les enfants ne craignent pas la défaite. Ils foncent, et qu'importent les chutes et les égratignures, ils se relèvent et en tirent une leçon précieuse. Quelle belle inspiration que cet accueil de l'inconnu !


Comme entrepreneur, on reconnaît aussi l'importance de l'audace. Le risque est inextricablement lié au monde des affaires. Pourtant, je vois trop souvent des gestionnaires compétents et des dirigeants talentueux, figés au bord du précipice, incapables de sauter de l'autre côté. La peur les paralyse. Et je peux les comprendre ! Que ce soit en classe ou au travail, on nous a appris que chaque erreur nous ferait subir des conséquences désastreuses. Comment peut-on espérer sortir des sentiers battus si on tremble devant le spectre de l'échec ?


Les erreurs ne sont pas des fatalités. Les enfants le savent. Certaines entreprises l'ont compris aussi. Procter & Gamble valorise les actes risqués, en récompensant par exemple une vice-présidente qui, pour démontrer la qualité de sa litière pour chats, avait souligné à d'importants clients qu'aucun d'entre eux n'avait remarqué la boîte totalement inodore qui était restée sous la table durant toute la réunion.


Amazon lutte contre l'aversion au risque en pratiquant la politique du «oui institutionnel». Quand un gestionnaire soumet une idée, son supérieur doit spontanément l'accepter. S'il insiste pour décliner, il doit expliquer les raisons de son refus dans une argumentation de deux pages.


Même approche pour Adobe qui remet aux employés une carte de crédit prépayée de 1 000 $ afin qu'ils puissent expérimenter une idée de leur choix au profit de l'entreprise. Ils ont ensuite 45 jours pour concrétiser leur projet. Au sein de mon entreprise comme lors de mes rencontres de mentorat, je constate que tous les employés peuvent avoir des idées innovatrices. Sans exception. Adobe leur donne simplement le pouvoir de les matérialiser.


À propos de ce blogue

Danièle Henkel