Frais de garderie: mauvaise nouvelle pour beaucoup de parents

Publié le 21/02/2017 à 10:04

Frais de garderie: mauvaise nouvelle pour beaucoup de parents

Publié le 21/02/2017 à 10:04

Les places en service de garde ont beau être moins rares qu’à une autre époque, choisir une garderie pour Didier-Alexandre n’a toujours pas l’air d’une mince affaire à ce qu’il paraît.


On voudrait bien qu’elle soit située entre la maison et le travail; qu’on y gave les marmots avec autre chose que de la saucisse à hot dog et des Chips Ahoy! génériques achetés chez Dollarama; que l’endroit soit stimulant, propre et sécuritaire; que les éducatrices soient compétentes et qu’elles ne nous rendent pas un enfant plus nono le soir que celui qu’on leur a confié le matin.


Suivez-moi sur Twitter / Pour lire mes autres billets


Choisir une garderie n’est pas une petite mission, donc. Quant à savoir ce qu’il faut inscrire au budget pour démarrer le processus de socialisation du petit Didier-Alexandre, ce n’est pas évident non plus. Car on ne le sait pas trop, à moins d’être prévoyant, d’aimer la paperasse et de maîtriser Excel. Et encore…


Je ne vous apprends rien, la grille tarifaire des services de garde au Québec est un foutoir. Un tarif unique, puis modulé rétroactivement en fonction du revenu au moment de faire ses impôts, qui s’applique plus ou moins qu’il s’agit du premier, du deuxième ou du troisième enfant… plus tarabiscoté que ça, tu meurs.


Je radote, mais pas pour rien. La période de contribution REER pour l’année fiscale 2016 se termine dans une semaine, et les parents qui cherchent à réduire les frais de garde en bourrant leur bas de laine risquent d’être déçus. Mais oui, les contributions REER  font baisser le revenu familial, alors, pas fous, des parents y voient un moyen de diminuer la facture de garderie qu’ils doivent assumer au printemps pour le service reçu l’année passée.


Oui, ça fonctionne, sauf que… les frais de garde de 2016 ne sont pas basés sur les revenus de cette année-là, rappelons-le, mais sur les revenus de l’année d’avant. Ce sont vos contributions REER de l’année fiscale 2015 qui influenceront l’ampleur de la contribution additionnelle que vous aurez à verser bientôt.


Alors, si vous venez de donner un coup à vos cotisations REER, consolez-vous en vous disant que vous paierez moins de frais de garde au printemps… 2018. Et si Didier-Alexandre est sur le bord de la maternelle, eh bien… ça vous vous fera plus d’argent dans le REER!


J’avais signalé l'irritant dans cette chronique, un détail qui avait échappé à mes souvenirs, allez savoir pourquoi. Des parents aussi l’ont oublié. Ou ne l’ont jamais su.


En préparant sa déclaration de revenu, notre lecteur Sylvain a eu la mauvaise surprise d’apprendre qu’il devra verser 4200 dollars en contribution additionnelle pour ses deux enfants qui fréquentent le CPE, et ce malgré une importante injection de fonds dans le REER pour amenuiser la facture. Il a les moyens (d’autant plus que la note est allégée par une déduction fédéral pour frais de garde), mais notre lecteur ne trouve pas ça très logique et se demande comment il aurait pu payer cette contribution supplémentaire s’il avait perdu son emploi en 2016.


Québec a prévu quelque chose dans ce cas, une solution aussi bancale que l’ensemble de l’oeuvre. Si jamais tu avais perdu ton emploi en 2016, Sylvain, ou encore que ta conjointe avait été remerciée cette année-là sans trouver un nouveau job, Québec aurait considéré le revenu de l’année 2016 plutôt que 2015, mais seulement s’il avait baissé sous les 50546$, soit le seuil sous lequel un ménage ne verse pas de contribution supplémentaire pour frais de garde. Alors, si votre revenu familial de 155000$ avait plongé de 100000$, ça n’aurait rien changé en effet et il t’aurait fallu casquer… à moins de verser 4055$ au REER pour ramener votre revenu familial sous la barre des 50546$. 


Sylvain m’a fait part de sa situation après la publication de ma chronique intitulée REER: une cotisation remboursée à 80%, malade! J’y faisais référence à un cas particulier où des parents de deux enfants en garderie, avec des revenus de 157000$, pouvaient récupérer 80% d’une cotisation REER de 20000$. Notre lecteur s’est senti interpellé, son ménage correspondant grosso modo à celui exposé dans la chronique, sauf un petit détail.


Dans le cas rapporté, les enfants fréquentaient un service de garde non subventionné. Les parents payaient donc le gros prix pour envoyer les enfants en garderie, mais se rattrapaient avec le crédit provincial pour frais garde. Les parents qui envoient leurs enfants en CPE, comme Sylvain, n’ont pas accès à ce crédit.


Au final, la différence de prix entre la garderie subventionnée et la garderie non subventionnée, après l’application du crédit provincial pour frais de garde, est souvent marginale. Dans le premier cas, les parents paient une partie de la note plus tard, selon leurs revenus. Dans l’autre cas, à l’inverse, les parents se font rembourser ultérieurement une partie des frais selon leurs revenus.


Il y a une autre distinction importante, qui intéressera Sylvain: l’année fiscale considérée. Comme on l’a vu, la contribution additionnelle est déterminée en fonction du revenu de l’année précédente, donc 2015. Mais le crédit d’impôt pour frais de garde, lui, s’applique sur l’année fiscale courante, soit 2016.


La contribution REER de ceux qui ont opté pour la garderie non subventionnée a donc un effet immédiat sur les frais. Pour les autres, ils en constateront l’impact l’année prochaine.


Alors, tenez-vous-le pour dit, si vous ne le saviez pas: la garderie, ça se prévoit longtemps d’avance! On voudrait rendre ça plus compliqué, on ne serait pas capable…


Suivez-moi sur Twitter / Pour lire mes autres billets


À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain

Sur le même sujet

Pour s’enrichir, il y a aussi le facteur chance

On dit des gros rendements boursiers qu’ils sont l’apanage des audacieux. Il y a aussi un peu de chance…

Les fondamentaux, la chimie et le mental

09/11/2018 | Daniel Germain

BLOGUE. Quoi faire quand la Bourse se met à faire du yo-yo ? Surtout pas ceci...