«E.T. téléphone assurance», le doigt qui a failli gâcher mes vacances

Publié le 25/07/2017 à 11:41

«E.T. téléphone assurance», le doigt qui a failli gâcher mes vacances

Publié le 25/07/2017 à 11:41

i elles ont été bonnes? Les vacances ont été excellentes, merci, bien qu’elles soient passées à «un doigt» d’écorcher mon portefeuille. Ah oui! J’ai dépensé sans trop compter. Pas comme un matelot saoul, mais vous savez, cette légère insouciance qui nous imprègne et qui fait qu’on cesse de calculer dans sa tête. Si ce n’est pas ça les vacances, quand on s’est montré plutôt sage le reste l’année, c’est quoi alors?


Non, le problème est ailleurs, quand l’insouciance touche la limite de la négligence.


Tout a commencé par une petite irritation à l’index droit, au bord de l’ongle. Ça vous est arrivé sûrement, quand vous arrachez un bout de peau, vous ressentez alors une douleur qui ne vous quitte pas avant deux ou trois jours. Le mal est aussi désagréable que bénin.


Seulement, ça ne s’est pas réglé après deux ou trois jours. Au contraire, ç’a dégénéré.


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Mon doigt s’est mis à enfler et à tourner vers l’écarlate. Je ne vous en parlerais pas si ça ne s’était pas produit en voyage, en France. Ça ne m’empêchait pas d’accomplir mes activités, surtout pas de boire des spritz en appréciant les 34 degrés et le chant des cigales. Tout de même, ça m’a valu le surnom d’E.T. et les élancements se faisaient de plus en plus intenses.


Une aimable infirmière à la retraite que j’ai rencontrée là-bas m’a diagnostiqué un panaris, un bobo dont j’entendais le nom pour la première fois. Soucieuse, elle m’a averti que l’infection pouvait se compliquer si elle n’était pas traitée rapidement. Elle m’a conseillé de consulter au plus vite un pharmacien, ce que j’ai fait.


Celui-ci m’a proposé une solution antiseptique dans laquelle tremper mon doigt. Deux jours de ce traitement n’ont pas empêché le panaris de gagner du terrain, et je vous épargne les détails sur ses nouvelles teintes. Le doigt ne pliait plus qu’à moitié. Devant l’aggravation de la situation, j’ai décidé de consulter un médecin.


Je me suis rendu à l’urgence, ou j’ai attendu «seulement» deux heures avant qu’on m’appelle. On m’a fait attendre une autre demi-heure sur une civière.


Ici, j’ouvre une parenthèse: ma hantise en voyage est de faire un accident avec la voiture de location. J’ai beau connaître par coeur le chapitre du certificat d’assurance de ma carte de crédit qui traite de la couverture en cas de dommages sur une voiture de location, je n’y fais pas confiance. Ma crainte est excessive, injustifiée même, j’aurais intérêt à me détendre.


Avec l’assurance médicale, c’est tout le contraire. Je suis négligent. Je me décide à étudier la section «Urgence médicale» de mon assurance à partir de mon téléphone portable, alors que je suis sur la civière. En cas d’urgence médicale, dit le certificat, il faut aviser l’assureur AVANT de se rendre à la clinique ou à l’hôpital.


«E.T.! , me suis-je dit, téléphone assurance!»


On indique tout de même qu’on peut faire une réclamation de frais médicaux sans avoir appelé au préalable, l’assureur se disant compréhensif dans certaines situations, dans le cas d’un accident grave de la route ou d’une crise cardiaque, ai-je présumé.


Mais dans le cas d’un index purulent? Rien n’empêche d’appeler avant. Et le traitement d’un panaris, sera-t-il considéré comme une «urgence médicale»? L’infection n’affectait pas la préhension de ma main droite, celle-ci pouvait sans difficulté tenir un grand verre de spritz. Au moment où le doute m’assaille, une médecin se présente et se penche sur mon doigt. «Je ne fais pas d’intervention sur les mains, m’annonce-t-elle sèchement, je dois vous diriger vers une autre clinique.»


«Euh?!»


Elle téléphone à la clinique en question, elle explique mon problème à son interlocuteur en spécifiant que je suis un étranger, puis elle met sa main sur le microphone du combiné et me demande: «Pouvez-vous faire un chèque certifié de 2000 euros, c’est pour la caution?»


«Quoi?!»


Je n’ai pas de chèques, pas de compte en euros, pas de possibilités de le faire certifier. Mais surtout, l’urgence de la situation ne justifie pas que je risque 3000 dollars. Si j’en arrive à cette conclusion, j’imagine que l’assureur peut en faire autant.


Quant à la médecin qui ne fait pas d’intervention sur les mains, le mystère reste entier, puisque mon problème est mineur. À preuve, un autre pharmacien nous a proposé une nouvelle solution qui impliquait entre autres une aiguille aseptisée, et nous avons pu venir à bout de ce panaris pour quelques euros.


Si l’infection avait été traitée en clinique, je ne sais pas combien ç’aurait coûté au final. Et je n’avais aucune garantie que l’assureur allait débourser.


Quelles leçons en tirer?


Ne surestimez pas un risque aux dépens d’un autre, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de la santé.


Prenez connaissance du certificat d’assurance avant de partir.


Notez dans votre téléphone les numéros indiqués par l’assureur en cas d’accident d’auto et d’urgence médicale.


Appelez l’assureur avant de consulter un médecin, quand c’est possible. Pas après.


Dans un grand verre, déposez trois glaçons, versez une part d’Aperol, une part de Campari, une part d’eau gazeuse et trois parts de Prosecco. Ajoutez une tranche d’orange. Vous n'aurez jamais goûté meilleur spritz!


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À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain