Les groupes d'affinité, plus que du «social» pour les entrepreneurs

Publié le 16/09/2016 à 13:00

Les groupes d'affinité, plus que du «social» pour les entrepreneurs

Publié le 16/09/2016 à 13:00

Grandissant dans une famille d’entrepreneurs, j’ai toujours vu mon entourage s’impliquer dans diverses associations en plus de l’entreprise familiale. À quoi bon être à la course les lundis soirs, entre les devoirs des enfants, le souper familial et la conférence sur l’importance d’une vie équilibrée? C’est ce que je me suis longtemps demandée!


Toutefois, depuis que j’ai fait de l’entreprise familiale mon domaine d’étude et que j’écoute les propos de plusieurs leaders issus de ce milieu, force est de constater que nombreux sont ceux qui, tout comme mon entourage, sont membres d’associations ou de groupes d’affinité. Est-ce une mode, un impératif ou une simple coïncidence? C’est ce que j’ai tenté d’explorer!


Ce n’est plus un secret pour personne, le croisement de l’unité familiale avec celle de l’entreprise amène les dirigeants d’entreprises familiales à faire face à des enjeux complexes qui leur sont propres. Ils doivent souvent apprendre à jongler avec trois balles : celle de l’harmonie familiale, de la prospérité de l’entreprise, mais aussi avec celle composée à la fois de leurs aspirations personnelles et des motivations des autres membres de la famille.


Un constat est certain : face à ces multiples enjeux, les dirigeants d’entreprises familiales se sentent souvent bien seuls à bord de leur navire! C’est justement pour briser leur solitude que ces dirigeants vont chercher à joindre des groupes sociaux composés de gens qui leur ressemblent.


Or, ces groupes sociaux, qui sont généralement formés en fonction de critères d’affinité, tels que l’âge, le genre et la profession, vont faire bien plus que briser l’isolement du dirigeant! En effet, selon deux chercheurs australiens, ces groupes développeraient également un leadership positif chez les leaders familiaux, ce qui leur permettrait d’assurer une meilleure gestion de leurs entreprises respectives (Caspersz et Thomas, 2015).


De quelle façon?


Composés de gens souvent confrontés aux mêmes réalités, ces groupes sont des lieux où les situations vécues par les dirigeants d’entreprises familiales sont comprises par tous. Par exemple, des membres de la génération montante dans une entreprise familiale peuvent facilement comprendre quand il est question d’établir sa légitimité dans l’entreprise. En partageant leurs réalités, leurs questionnements et leurs enjeux, les membres échangent des conseils, ce qui les amène à approfondir leur compréhension et à mieux gérer leurs défis quotidiens. C’est donc à travers ces partages, souvent confidentiels, et ce soutien que les groupes d’affinité amènent leurs membres à développer leur leadership positif, une qualité essentielle chez les gestionnaires familiaux. Effectivement, ce type de leadership leur permet de croire en leurs capacités et ils peuvent ainsi mieux assumer leurs multiples responsabilités : pérennité et continuité de l’entreprise, ambitions personnelles, mésententes familiales et j’en passe.


Dans les derniers mois, j’ai pu confirmer ce phénomène lors de rencontres que j’ai effectuées avec des entrepreneurs ayant repris les rênes de leur entreprise familiale. À travers ces entretiens, je voulais comprendre l’impact du réseau social sur les repreneurs d’entreprises familiales québécoises. Alors que je m’attendais à entendre ces dirigeants me parler de leur famille, de leurs amis ou encore des professionnels tels les avocats, les comptables ou les consultants qui les soutiennent au quotidien, j’ai plutôt rencontré des entrepreneurs pour qui les membres de leur groupe d’affinité jouaient un rôle central dans leur développement.


En effet, un entrepreneur m’a clairement indiqué que c’étaient ses collègues du groupe qui l’avaient fait grandir en challengeant ses idées et en lui amenant de nouvelles pistes de réflexion. Dans le même ordre d’idées, une autre entrepreneure m’a aussi confié que ses confrères lui avaient permis de faire progresser son style de gestion tout en profitant de leur entraide et de leur support.


Nous pouvons donc conclure qu’en plus de briser l’isolement, les groupes d’affinité sont des réseaux offrant des conseils et un support émotionnel, ce qui permet aux leaders de développer leurs habiletés, de peaufiner leur vision et d’avoir la confiance nécessaire pour assurer la direction de leur entreprise familiale. Au Québec, nous retrouvons parmi les plus cités Le Groupement des chefs d’entreprise du Québec, YPO (Young président organisation) et Le Groupe la relève, mais il en existe plusieurs autres. À vous de trouver celui qui vous convient le plus et qui vous donnera envie d’être à la course les lundis soirs!


 


 


 


 


 


 


 


 

À propos de ce blogue

Aux missions de recherche théorique et appliquée des universités s’ajoute désormais une mission de création de valeur pour la société. Grâce à nos recherches, nos données sur l’entrepreneuriat, grâce aux histoires des entrepreneurs que nous accompagnons, de même qu’aux voyages que nous réalisons chaque année avec nos étudiants dans les endroits les plus réputés pour leur culture entrepreneuriale, nous offrirons, deux fois par mois, un regard critique sur ce qui se fait ici (et ailleurs) en termes d’entrepreneuriat, repreneuriat et gestion des familles en affaires. Dans cette chronique, nous partagerons au grand public notre point de vue sur l’actualité entrepreneuriale québécoise.

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