Campus Israël: tirer des leçons du «miracle économique israélien»

Publié le 05/08/2016 à 10:31

Campus Israël: tirer des leçons du «miracle économique israélien»

Publié le 05/08/2016 à 10:31

Tel Aviv au coucher du soleil. Photo: fr123rf.com/Dimitry Pistrov

Le Campus Israël, un programme que le Pôle entrepreneuriat, repreneuriat et familles en affaires de HEC Montréal organise depuis trois ans, permet de plonger au cœur de l’écosystème entrepreneurial de ce pays. Retour sur cette expérience aussi inspirante que formatrice.


Depuis trois ans, nous proposons à un groupe d’étudiants et de professeurs de se frotter à l’environnement entrepreneurial israélien lors d’un séjour de deux semaines dans ce pays, précédées de quatre journées préparatoires à Montréal. Durant leur séjour, les participants effectuent des visites culturelles (Jérusalem, Tel-Aviv, Nazareth, Mer morte, etc.) ainsi qu’une tournée d’entreprises et de start-up. Ils suivent également des formations dispensées au College of Management Academic Studies.


À plusieurs points de vue, Israël constitue le lieu idéal pour développer sa fibre entrepreneuriale. Avec une population et un PIB pratiquement équivalents à ceux du Québec, l’écosystème entrepreneurial y est bien plus dynamique que dans la Belle province. Surnommé la «nation start-up» d’après l’ouvrage des auteurs Dan Senor et Saul Singer sur le «miracle économique israélien», véritable bible des entrepreneurs israéliens, ce pays compte environ 3800 start-up et consacre plus de 6 % de son PIB à la recherche et au développement. On y trouve également cinq universités, deux centres de recherche prestigieux et 24 collèges technologiques. 


Les habitants de cette terre de contraste, où histoire et modernité se côtoient, ont su faire émerger un écosystème entrepreneurial unique dont nous pouvons tirer des leçons et de précieux enseignements. Aperçu de quelques faits saillants. 


Valoriser l’entrepreneuriat


En Israël, l’entrepreneuriat est valorisé, voire célébré. Avoir fondé son entreprise est considéré comme une source de fierté, et non pas comme une sortie de secours pour quelqu’un qui n’aurait pas réussi à faire sa place sur le marché du travail. La volonté d’entreprendre et d’innover est très forte, créer une entreprise est littéralement ancré dans les mentalités.


Ne pas craindre l’échec, au contraire !


Dans les sociétés occidentales, l’échec est généralement passé sous silence et perçu comme une faiblesse qu’il faut cacher. L’approche israélienne est radicalement différente. À leurs yeux, tenter sa chance et se tromper permet d’apprendre de ses erreurs et de s’améliorer au prochain essai. Dans les incubateurs, on préfère d’ailleurs recruter des entrepreneurs qui ont lancé des start-up qui n’ont pas fonctionné, plutôt que ceux qui n’ont jamais rien essayé.


Un service militaire qui crée une fraternité


En Israël, chaque homme et femme doit effectuer son service militaire durant respectivement trois et deux ans. Loin d’être perçu comme une ennuyeuse obligation, il est au contraire considéré comme une fierté et une façon de rendre service à son pays. Plus de 50 % des Israéliens demandent d’ailleurs à demeurer volontairement un an ou deux de plus au sein de l’armée.


Au bout du compte, l’armée crée des liens étroits entre les individus, presque un esprit de fraternité. Les jeunes en sortent avec le goût d’entreprendre et n’ont pas peur de se lancer en affaires et de prendre des risques. L’armée devient une école de la vie où l’on apprend aussi la discipline, une qualité indispensable à quiconque souhaite démarrer sa propre entreprise.


L’armée permet aussi de développer un solide réseau, qui pourra être mis à profit plus tard dans le cadre des affaires.


Une vision internationale


Lorsqu’on parle à un entrepreneur israélien, on est frappé par sa vision internationale des affaires. Pour lui, ses concurrents se trouvent en Europe ou aux États-Unis et non pas dans la ville voisine. Cette façon de voir les choses est indispensable pour éviter d’être confiné à leur petit territoire, entouré de voisins avec lesquels les relations ne sont pas toujours au beau fixe…


En outre, si les Israéliens parlent hébreu ils passent sans difficulté à l’anglais pour ne pas limiter leur champ d’action.


Un soutien entrepreneurial bien ancré


En Israël, les entrepreneurs peuvent trouver soutien et ressources au sein d’un écosystème cohérent. Ils n’ont pas à frapper à 20 portes différentes avant de trouver la bonne. Incubateurs, accélérateurs, centres de recherche, fonds de démarrage… tout est mis en œuvre pour favoriser l’entrepreneuriat. De plus, des programmes sont exclusivement consacrés aux immigrants juifs afin d’aider les nouveaux arrivants à se lancer en affaires. 


S’inspirer et apprendre


Au bout du compte, une expérience telle que le Campus Israël est une excellente source d’inspiration pour ceux qui souhaitent donner vie à leur projet d’entreprise. Le but n’est pas nécessairement d’imiter les Israéliens, mais plutôt apprendre d’eux et de commencer à capitaliser sur les forces et les atouts de l’environnement québécois. 


Le texte est le fruit de témoignages des experts de Pôle entrepreneuriat, repreneuriat et familles en affaires de HEC Montréal impliqués dans le projet. Le texte a été rédigé par Emmanuelle Gril, rédactrice indépendante


 

À propos de ce blogue

Aux missions de recherche théorique et appliquée des universités s’ajoute désormais une mission de création de valeur pour la société. Grâce à nos recherches, nos données sur l’entrepreneuriat, grâce aux histoires des entrepreneurs que nous accompagnons, de même qu’aux voyages que nous réalisons chaque année avec nos étudiants dans les endroits les plus réputés pour leur culture entrepreneuriale, nous offrirons, deux fois par mois, un regard critique sur ce qui se fait ici (et ailleurs) en termes d’entrepreneuriat, repreneuriat et gestion des familles en affaires. Dans cette chronique, nous partagerons au grand public notre point de vue sur l’actualité entrepreneuriale québécoise.