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Le défi du climat

Bernard Motulsky . les affaires.com . 12-10-2011 (modifié le 12-10-2011 à 12:08)

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En mission à Rabat au Maroc sur un projet fascinant d'adaptation aux changements climatiques financé par le CRDI (Conseil de recherche en développement international), je mesure mieux la réalité de ces changements qui commencent à affecter de plus en plus de gens chez nous et à travers le monde : désertification de régions en Afrique avec des conséquences importantes sur la période d'agriculture, augmentation des précipitations dans d'autres régions comme les inondations ici, les phénomènes climatiques bouleversent notre planète.


Comme communicateur, cela nous oblige à tenter de mieux faire comprendre quels sont ces changements et quelles sont leurs conséquences possibles, afin d'aider les populations touchées à modifier leurs comportements en conséquence et à s'adapter à un nouvel environnement. Mais ça signifie qu'il faut savoir (si possible à l'avance) quels sont ces changements. Or l'étude du climat, d'après ce que je peux en voir avec mes collègues, est surtout rétrospective : voici ce qui s'est passé. D'ou on peut parfois en déduire ce qui risque de nous arriver, mais avec une probabilité bien difficile à établir. Et on sait que l'inconnu et l'incertitude ne sont pas des incitatifs à véritablement changer de comportement. Si on vous dit qu'il va y avoir une tempête de neige, vous agissez. Si la probabilité est trop faible, vous ne faites rien. La moquerie dont les météorologues font l'objet en témoigne.


Il y a deux univers à réconcilier, celui des chercheurs qui tentent de mieux comprendre ce qui s'est passé et ce qui va se passer, et celui des citoyens qui cherchent des coupables aux changements tout en ayant du mal à ajuster leur comportement. C'est ainsi que souvent les affrontements se passent entre ceux qui cherchent à comprendre avec des méthodes rigoureuses et structurées - mais qui peinent à proposer des explications simples - et ceux qui veulent que ça bouge en simplifiant la réalité. Les relations des scientifiques avec les médias est souvent difficile, les premiers ayant de la difficulté à simplifier, les seconds ayant besoin d'idées claires et simples...


On se retrouve donc dans une situation ou on voit bien que le climat change, que cela peut avoir des conséquences dramatiques pour certains, mais on en connaît mal les causes, donc on peut difficilement s'entendre sur les remèdes et encore moins savoir ce qui arrive. D'ou de beaux débats publics en perspective dans les prochaines années.


 

2 commentaires

jpthoma1 le 16-10-2011

Les changements climatiques(et particulièrement les réchauffements) n'ont pas que des conséquences négatives, comme le laissent entendre les médias. Durant le réchauffement survenu au début du dernier millénaire(1000-1350), la civilisation Vicking s'est développée. Ils ont colonisé le Groënland (qui signifie "terre verdoyante"), y ont fait de l'agriculture et les vestiges de ces implantations commencent à ré-apparaître avec la fonte des glaces qui se produit actuellement. Durant cette même période, l'ancêtre des Inuits d'aujourd’hui, le peuple thuléen, a migré de l'ouest canadien jusque vers l'Arctique de l'Est, profitant du réchauffement et de la fonte des glaces dans l'Arctique. C'est ainsi que les premiers sites thuléens sont établis au Nunavik. Par la suite, le "petit âge glaciaire" (du XIV au milieu du XIXème siècle) qui a suivi le réchauffement médiéval, a probablement entraîné la disparition des iroquoiens du St-Laurent et causé bien des difficultés aux premiers colonisateurs. Même l'Islande avait une petite calotte glacière à ce moment. Tout ça pour dire que les variations climatiques existent depuis 4,65 milliards d'années, qu'elles ont toutes sortes de causes et que je préfère les réchauffements aux refroidissements!!!!!

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