Pourquoi il est plus difficile de s'enrichir au Canada

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

Pourquoi il est plus difficile de s'enrichir au Canada

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

Photo: Shutterstock

Périodiquement, un bonze se lève pour proposer qu'on taxe à 100% les gains en capital, l'exemption de 50% étant perçue comme une échappatoire pour les «riches». Chaque fois, j'ai la nausée, car ce genre de proposition est surtout une attaque frontale contre vous et moi gens ordinaires qui cherchons à nous enrichir pour ne jamais devenir un boulet pour la société.


S'enrichir au Québec et au Canada est très difficile, probablement plus qu'aux États-Unis. Le niveau élevé des impôts et des taxes en est la première raison.


Quand on vous dit qu'on devrait imposer 100% du gain en capital, on oublie un fait crucial. Cet argent qu'on veut avidement imposer a déjà été... imposé! En effet, avant même de mettre la main sur un dollar à investir, vous devez payer l'impôt sur le revenu.


Et ce n'est pas tout. Vous payez environ 0,40$ d'impôt sur chaque dollar de revenu, ce qui vous laisse 0,60$ pour subvenir à vos besoins, mais la ponction gouvernementale ne s'arrête pas là. La majorité des biens et services que vous achetez est aussi imposée, le plus souvent par la TPS et la TVQ.


Ce sont 15% de plus qui vous glissent entre les doigts, ne vous laissant qu'environ 0,50$ pour chaque dollar de revenu.


À partir de là, si votre revenu est assez élevé ou si vous faites preuve de frugalité, il vous restera sur chaque dollar de revenu quelques sous à investir.


Pensez-y quelques secondes: vous prenez ces quelques sous, vous les investissez, et ce sont les fruits de ces placements qui font saliver ces penseurs-activistes assoiffés de dollars pour financer leurs idées de société parfaite...


Non seulement vous vous serrez la ceinture pour dégager une marge de manoeuvre budgétaire, mais vous risquez cette épargne en achetant des actions, des fonds communs ou des fonds négociés en Bourse (FNB). Il me semble que ce n'est pas trop demander que d'avoir un petit coup de main lorsque vous réussissez à faire fructifier votre capital.


Pensez à l'imposition des dividendes. Vous achetez des actions d'une société en Bourse avec votre argent déjà imposé, comme on l'a vu. Cette entreprise réalise des bénéfices qui sont également imposés. Une partie de ces bénéfices vous sont versés sous forme de dividendes. Et hop, le gouvernement revient à la charge et impose vos revenus de dividendes. Je sais qu'il offre un crédit pour les dividendes canadiens, mais admettez avec moi que le principe d'imposer ce genre de revenus est un peu tordu.


Tout cela complique la vie de l'épargnant qui veut s'enrichir.


À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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