Mooney: Le bon exemple de Texas Instruments

Publié le 26/02/2013 à 23:44, mis à jour le 27/02/2013 à 06:38

Mooney: Le bon exemple de Texas Instruments

Publié le 26/02/2013 à 23:44, mis à jour le 27/02/2013 à 06:38

Tous les investisseus devraient étudier Texas Instruments. Photo: Bloomberg

BLOGUE. Tous les dirigeants, tous les administrateurs et tous les investisseurs devraient étudier attentivement Texas Instruments. C’est l’un des meilleurs exemples que je connaisse de gestion intelligente du capital et de politique d’enrichissement des actionnaires.


Qu’est-ce qui met Texas Instruments, concepteur et fabricant de microprocesseurs situé à Dallas, dans une classe à part? Simplement le fait qu’elle est gérée pour le plus grand bien de ses actionnaires! Il est si rare, voire rarissime qu’une société et un conseil d’administration fassent passer les actionnaires en premier....


D’abord, il faut dire que Texas évolue dans un secteur difficile et cyclique. Ses résultats sont donc loin d’être linéaires. Par exemple, entre 2006 et 2009, ses revenus sont passés de 14,3 milliards de dollars (G$) US à 10,4G$US. Ce qui a fait fondre les bénéfices de 30%.


Malgré cela, la société est très rentable (marges nettes de 13,7% en 2012) et procure des fonds autogénérés élevés, même après ses dépenses en immobilisations.


Là où elle se démarque, c’est que cet argent est retourné quasi systématiquement aux actionnaires, par un dividende intéressant et par des rachats d’actions substantiels. Par exemple, le 21 février la direction a annoncé une augmentation de 33% de son dividende trimestriel à 0,28$US par action et a ajouté un autre 5G$US à son programme de rachats d’actions, à 8,4G$US.


Depuis 2003, Texas Instruments a racheté plus de 600 millions de ses actions faisant passer son nombre d’actions en circulation à 1,1 milliard.


En 2012, elle a généré 2,9G$US en fonds libres (avec des bénéfices de 1,7G$US) et a versé à ses actionnaires un total de 1,8G$US, dont 819M$US sous forme de dividendes et en rachetant 59,8 millions de ses actions.


La culture de Texas est appréciée par Wall Street. En effet, le titre se vend à des ratios relativement élevés pour ce genre de société, soit environ 20 fois ses bénéfices prévus cette année et 15 ceux de 2014. À environ 12 fois ses bénéfices d’exploitation et 15 fois ses fonds libres, Texas Instruments fait la leçon à des sociétés comme Microsoft, Apple, Google et compagnie.


Pourquoi? Une des raisons c’est que les investisseurs savent bien que les bénéfices réalisés ne vont pas s’accumuler hors de portée des actionnaires. C’est loin d’être certain pour des entreprises comme Google qui amassent l’encaisse en se foutant de leurs actionnaires.


Ce n’est pas pour rien que le marché boursier ne donne aucune valeur à tout cet argent qui dort dans les coffres des géants technologiques.


Texas Instruments a compris cela (IBM aussi) et a séduit bien des investisseurs pour cette seule raison.


Bernard Mooney

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney
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