Mooney: l'argent se dirige encore vers les obligations

Publié le 26/09/2012 à 08:43, mis à jour le 26/09/2012 à 10:17

Mooney: l'argent se dirige encore vers les obligations

Publié le 26/09/2012 à 08:43, mis à jour le 26/09/2012 à 10:17

BLOGUE. Avec la meilleure performance des principaux indices boursiers, vous pourriez croire que les investisseurs feraient un peu plus confiance dans les actions. Ce n’est pas encore le cas, si on se fie aux plus récentes données concernant les entrées et les sorties de capital dans les principales catégories de fonds communs.


En juin, l’indice S&P 500 s’est apprécié de 4,3%, de 1% en juillet et d’un autre 2,3% en août. Pourtant, pendant tous ces mois, les investisseurs ont été des vendeurs nets de fonds d’actions américaines, selon Morningstar Direct. En fait, le mois d’août est le 18e mois consécutif de ventes nettes pour cette catégorie de fonds! Les investisseurs ont retiré 14,3 milliards de dollars (G$) US le mois dernier en actions américaines. Ils ont également été des vendeurs nets de fonds d’actions internationales.


En fait, si vous incluez les fonds négociés en Bourse, les investisseurs ont retiré un total de 22,4G$US en août, soit le pire mois en deux ans pour les actions.


Si la tendance se maintient, selon Morningstar, les retraits en 2012 pourraient atteindre le niveau de ceux de l’an dernier qui, à 97G$ US étaient tout près du 115G$US atteint en 2008. En effet, pour les huit premiers mois de l’année, les retraits des fonds d’actions atteignent 65,6G$US (117G$US pour les 12 derniers mois).


Ces retraits sont une puissante force négative que le marché boursier affronte depuis plusieurs années.


L’argent des investisseurs sort des actions pour se diriger vers les obligations, phénomène loin d’être nouveau, mais qui se poursuit de plus belle. Ainsi, en août, les investisseurs ont été des acheteurs nets de fonds d’obligations pour 26,4G$US. Ce qui porte à 164,5G$US les entrées nettes de capital dans cette catégorie d’actif jusqu’à maintenant en 2012, selon Morningstar. Sur un an (les 12 derniers mois clos le 31 août), les entrées sont de 209G$US.


En incluant les FNB, c’est 30G$US qui est allé dans les obligations en août.


Si la tendance se maintient, les entrées obligataires pourraient bien surpasser celles de 177G$US de l’an dernier et même atteindre le niveau de 2010 (246G$US).


«Les fonds taxables d’obligations, incluant les FNB, ont reçu 936G$US depuis la fin de 2008 lorsque la Réserve fédérale a réduit les taux d’intérêt directeurs à zéro», calcule Kevin McDevitt, directeur pour Morningstar.


Aux États-Unis, les fonds taxables d’obligations excluent les fonds investissant dans les obligations non imposables comme les municipales.


Investisseurs et épargnants recherchent encore l’apparente sécurité offerte par les obligations alors que la Fed a assuré que les taux resteront bas jusqu’en 2015. Les actions sont encore vues comme un actif trop risqué.


Il y a plusieurs façons de voir ce phénomène. Pour moi, c’est une bonne nouvelle, car je préfère un marché boursier dépourvu d’enthousiasme. Il y a moins de place dans ce contexte pour des excès.466


Bernard Mooney


 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

Sur le même sujet

Les petites capitalisations à un sommet

Édition du 16 Décembre 2017 | S.R.

Les petites capitalisations américaines ont rarement été aussi coûteuses, constate Dan Suzuki, stratège de la Bank ...

MTY-Imvescor: les points forts de la téléconférence

Le prix de 4,10$ pour Imvescor est un compromis entre un prix juste et celui que MTY était prête à payer.

Blogues similaires

Dollarama, Dollar General ou Dollar Tree ?

Édition du 09 Décembre 2017 | François Pouliot

CHRONIQUE. Qui peut résister à Amazon ? C'est la question que pose notre collègue Stéphane Rolland dans le dossier...

Immobilier: prêter de l'argent à votre acheteur, est-ce avantageux?

BLOGUE INVITÉ. Ce qu'on appelle communément la «balance de vente» vous transforme en créancier et c'est risqué.

Réforme fiscale: pourquoi la techno sert-elle de bouc émissaire?

BLOGUE. Les pros recyclent les gains techno dans les futurs bénéficiaires de la réforme et de la hausse des taux.