Mooney: √Čvaluer sa performance

Publié le 22/02/2013 à 09:29, mis à jour le 22/02/2013 à 09:29

Mooney: √Čvaluer sa performance

Publié le 22/02/2013 à 09:29, mis à jour le 22/02/2013 à 09:29

BLOGUE. Peu importe les marchés, qu’ils soient favorables ou non, l’investisseur a avantage à bien mesurer sa performance.


Évidemment, plus votre mesure est à long terme plus elle est significative. À court terme, sur un an par exemple, ou pire encore d’un trimestre à l’autre, vous mesurez davantage l’humeur boursière que votre performance. Par exemple, que le titre acheté hier s’apprécie de 10% dans les jours qui suivent ne fait pas de vous un Warren Buffett. Vous pouvez tout simplement avoir été chanceux.


La même chose si le titre acheté dégringole immédiatement après votre achat. Je pourrais vous mentionner un tas d’exemples de titres qui ont fondu après leur achat pour devenir de grands gagnants à long terme.


Je me rappelle par exemple d’un titre que j’ai acheté au début de 2009 à 16$. Selon mon analyse, conservatrice, la société valait environ 30$ et c’était mon objectif de trois à cinq ans.


Quelques jours plus tard, le titre, emporté par les bourrasques boursières du temps, s’est retrouvé à 9$. C’était juste du bruit car trois ans plus tard, il a fracassé les 40$ pour se transiger aujourd’hui à plus de 50$. Mon analyse était juste, malgré le verdict apparent de la Bourse à court terme.


Il faut donc faire très attention lorsqu’on évalue sa performance de distinguer ce que j’appelle le rendement apparent (ce que le marché boursier indique) de la performance fondamentale des sociétés en portefeuille. Et ce n’est pas facile.


D’abord, il faut commencer par comparer la performance globale de son portefeuille à celle du marché dans son ensemble, mais le marché le plus pertinent. Par exemple, si la plus grande partie de vos titres sont américains, c’est une erreur de vous comparer à l’indice canadien S&P/TSX, ce que je vois souvent.


Ainsi, en 2012, le S&P 500 aux États-Unis s’est apprécié de 16%, une année exceptionnelle, aidée en bonne partie par la performance des titres financiers. Or, si par principle vous évitez ce secteur, il est normal d’avoir un rendement inférieur.


De plus, avoir une performance inférieure au marché pendant une année, même deux, n’est pas nécessairement un signal inquiétant. Un style d’investissement peut être en défaveur longtemps à Wall Street, même s’il est solide et pertinent à long terme.


L’exemple classique est celui de la bulle Internet de la fin des années 1990. Les portefeuilles qui évitaient ce secteur ont connu des années relatives difficiles, souvent en raison de leur prudence. La Bourse peut ainsi vous punir parce que vous êtes rationnel.


C’est pour cela que l’évaluation de votre performance n’est pas si facile et est un exercice rempli de nuances. C’est pour cela également que vous devez aller plus loin que la simple appréciation boursière.


En effet, vous devriez surtout prendre soin de bien évaluer la performance économique de vos titres, un par un, et dans leur ensemble. Par exemple, si l’an dernier, vos sociétés ont accru leur valeur intrinsèque de plus de 18%, et que vous avez seulement une performance boursière de 12%, vous devriez êtes satisfait et vous donner une bonne note sur votre bulletin.


Comment évaluer cette progression? Encore là, c’est un exercice qui peut s’avérer très complexe. Pour des raisons de simplicité, concentrez-vous sur l’accroissement des bénéfices de vos entreprises. Si ces dernières augmentent leurs profits à un rythme intéressant, vous êtes sur la bonne voie, peu importe le verdict boursier.


Un bon investisseur est capable de vivre avec une performance inférieure aux indices en autant que ses sociétés accroissent leur valeur. C’est la clé du succès et c’est cela qui devrait se retrouver au coeur de votre analyse lorsque vous mesurez votre performance.


Bernard Mooney


 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney
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