Mon dernier blogue : la bonne attitude pour réussir en Bourse

Publié le 10/06/2015 à 08:22

Mon dernier blogue : la bonne attitude pour réussir en Bourse

Publié le 10/06/2015 à 08:22

Bonne retraite Bernard!

Dans mon dernier blogue avant ma retraite, je veux vous parler de l’importance d’avoir la bonne attitude pour réussir en Bourse. Comme c’est la dernière fois que je vous écris, je me permets de prendre un peu plus de votre temps….


Il y a quelques jours, j’ai lu dans un grand quotidien le commentaire d’une mère qui se plaignait du fait que son fils prenne tellement de temps pour se trouver un emploi. «Mon fils, sept mois après avoir reçu son diplôme universitaire, n’a pas encore de travail. Dans quelle sorte de société sommes-nous?» se plaignait-elle.


Petit commentaire qui a provoqué un retour vers le passé pour moi, en décembre 1980 pour être exact, à ma sortie de l’Université Laval, avec mon diplôme. Et il m’a fallu près de six ans avant de trouver mon premier emploi à temps plein, en avril 1986, au Journal Les Affaires, comme journaliste financier.


En passant, ma mère n’aurait jamais pensé écrire au journal pour se plaindre des difficultés de son fils. Elle était de l’époque où avoir de la difficulté faisait partie de la normalité, où le jardin de rose, n’était pas garanti, ni gratuit! Et où on ne pense pas à se plaindre, ni à demander à qui que soit (surtout pas au gouvernement) de s’occuper de nous, de nous prendre en charge.


Dans les ruelles du quartier Limoilou (à Québec), à cette époque, vous ne pouviez compter que sur vous pour survivre. Et c’était une superbe préparation pour la vraie vie, incluant la Bourse.


Toutes ces idées se sont bousculées à la lecture de ce simple commentaire d’une maman qui veut le meilleur pour son enfant et qui est convaincue que ce meilleur passe par la facilité.


Lorsque j’ai découvert le placement, à plus de 20 ans, un déclic s’est produit, un genre de coup de foudre qui répondait à ma quête et mon désir d’améliorer mon sort.


Pas de place pour l'échec


À partir de là, il n’était plus question d’échouer, plus question de reculer ou de baisser les bras. Cela ne faisait pas partie des possibilités. Et je partais de loin, très loin.


Lorsqu’on commence à patiner, on est un mauvais patineur; lorsqu’on commence à écrire, on est un mauvais écrivain, et la même chose dans bien des domaines (pensez au golf!).


C’est encore plus vrai à la Bourse, on commence par être un mauvais investisseur et à ce titre, j’aurais pu gagner un prix.


J’ai reçu toutes les gifles imaginables, tous les yeux au beurre noir possibles et impossibles. Peu de prédispositions pour la finance, un capital inexistant (j’ai commencé avec 1000$ emprunté), pas d’exemple ou de modèle dans mon environnement, etc.


Sans oublier les embûches «normales» comme le krach de 1987, et tous les autres soubresauts des marchés financiers, les crises, les fraudes…


Par exemple, j’ai vraiment frappé un mur en octobre 1987. Tout mon petit monde boursier s’est écroulé avec les principaux indices boursiers, mes illusions fondant aussi vite que mon capital.


Je me demande encore parfois pourquoi je n’ai tout simplement pas lancé la serviette à ce moment, comme bien d’autres. N’était-ce pas la preuve, ce krach, que la Bourse est une «gimmick» qui attire les épargnants pour leur siphonner tout leur capital (ce que je me suis fait dire tant de fois)?


Réaction atypique


Curieusement, ma réaction n’a pas été de pointer du doigt le marché boursier, ou le système financier. À la place, j’ai eu la réaction atypique de me regarder dans le miroir, froidement et objectivement. Et j’y ai vu un pseudo investisseur qui prétendait savoir ce qu’il faisait.


Ce regard, déprimant à prime abord, s’est transformé en carburant qui m’a motivé plus que jamais à apprendre, à m’améliorer et à maîtriser le marché boursier. Je n’ai plus jamais cessé cette démarche depuis.


Et je n’ai plus jamais été le même investisseur par la suite.


De bien des façons, le krach de 1987 a été le point tournant pour moi, vers la richesse boursière.


Et si j’ai un dernier message pour vous, et en particulier aux jeunes investisseurs, c’est que le succès en Bourse est à votre portée. Il commence par la bonne attitude, le travail, la persévérance et la patience. Ce dernier élément est crucial car la façon la plus rapide de s’enrichir est de ne pas être pressé. Vingt-cinq années plus tard, le temps d’un clin d’œil quoi, vous serez un bon investisseur.


De plus, se rappeler que la rationalité et l’objectivité doivent régner en maître. Le plus grand levier pour s’améliorer constamment est de toujours se voir tel que l’on est, ce que j’appelle l’opération Prétention zéro!


Il faut certes s’inspirer des meilleurs, mais il est préférable de demeurer soi-même, de développer son style, son approche et de chercher constamment à l’approfondir et à l’améliorer.


L'optimisme


Et, enfin, être optimiste malgré tout. Avant de m’intéresser à la Bourse, j’ai étudié l’économie par moi-même et de façon assez approfondie.



« Cela m’a aidé à apprécier le système capitaliste, la meilleure organisation sociale jamais développée par l’être humain. »


Malgré ses défauts, cela m’a fait comprendre que notre système fonctionne et qu’à long terme, il réussit comme aucun autre à améliorer les conditions de vie des êtres humains. Ce fut et cela demeure la base de mon optimisme à long terme.


D’ailleurs, je vous dirais qu’en 2015, je suis encore plus optimiste que je l’étais il y a 25 ans (c’est normal, car je suis moins ignorant). Les progrès dans tous les domaines ouvrent des possibilités qui dépassent toutes nos imaginations. C’est vrai qu’on parle d’éducation, de santé, de technologie, d’environnement, etc.


Les perspectives demeurent donc éblouissantes et c’est sur cette base que vous ferez votre richesse dans les prochaines décennies. C’est ce que je vous souhaite très sincèrement. Pour cela toutefois, il ne faut pas laisser les épisodes négatifs et malheureux comme les inévitables récessions et marchés baissiers embrouiller ce potentiel à long terme.


En terminant, je vous invite à lire ma dernière chronique qui paraîtra dans l’édition du Journal du 20 juin prochain dans laquelle je vous révèlerai mon secret pour réussir en Bourse. Avec la bonne attitude, vous aurez tous les outils pour prospérer dans les prochaines années.


Merci de votre fidélité et de votre appui. Et bonne chance dans vos placements.


Bernard Mooney


 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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