L'utilité des listes comme le Fortune 500

Publié le 01/06/2011 à 10:21, mis à jour le 01/06/2011 à 10:48

L'utilité des listes comme le Fortune 500

Publié le 01/06/2011 à 10:21, mis à jour le 01/06/2011 à 10:48

Blogue. À chaque année, c’est devenu un rituel de consulter la liste des 500 plus grandes sociétés américaines publiée par le magazine Fortune. Mais ce n’est pas vraiment un outil pour mieux investir.


Le Fortune 500 est probablement le plus prestigieux de ces classements qui pilulent dans le monde des affaires (aux Affaires, nous avons également notre classement des 500, qui lui aussi est devenu un classique au Québec). En très grande majorité, aucun n’est vraiment utile pour les investisseurs.


Et quand je dis cela, ce n’est pas vraiment une critique car ces listes ne visent pas spécifiquement les investisseurs, mais plutôt les gens d’affaires. Elles ne sont donc pas créées en fonction de critères de placement. Dans le cas du Fortune 500, le critère de base est le chiffre d’affaires alors qu’au journal, le critère de base est le nombre d’employés. Il s’agit de deux indicateurs de taille. Admettez qu’un investisseur doit aller beaucoup plus loin que cela pour dénicher un placement intéressant!


La grande utilité de ces classements, c’est de montrer le fonctionnement du monde des affaires. Et ça, c’est important pour tout le monde, incluant les investisseurs.


Par exemple, en regardant le Fortune 500 de cette année, on constate jusquà quel point il est difficile de durer et de prospérer par delà les décennies. Fortune 500 a été publié la première fois en 1955. Or, seulement 61 sociétés se sont classées à chaque année depuis. Et de ces 61 sociétés, j’en ai compté 25 qui se retrouvent en 2010 à un rang inférieur à leur rang de 1955.


Elles ont régressé relativement à l’ensemble des sociétés américaines. Parmi ces sociétés, de nombreux noms connus et probablement surprenants comme Campbell Soup (quoique la soupe ait perdu en popularité), Alcoa, Boeing, Dupont, Heinz, etc.


Parmi les sociétés qui ont grimpé significativement, il y a des pharmaceutiques comme Abbott Laboratories (de 320 à 69) et Pfizer (215 à 31) et des noms peu surprenants comme Pepsico (de 364 à 43).


On voit dans l’évolution du classement, les changements dans notre société. Par exemple, Eastman Kodak est en voie de disparaître victime de la caméra numérique. Aussi, les sociétés fabriquant du papier sont moins importantes pour des raisons évidentes.


Enfin, il y a toujours une certaine méfiance envers les sociétés qui sont la cible de grands reportages, ce qui est souvent le cas lors de la publication de listes comme celles du Fortune500. Cette année, le magazine fait des reportages sur Apple, Caterpillar, J.P. Morgan, Ford et General Mills. Toutefois, dans tous les cas, le ton général est sobre. Les actionnaires ont moins de raison de s’inquiéter.


Bernard Mooney


P.S. Wal-Mart, Exxon, Chevron, ConocoPhillips et Fannie Mae dominent le classement, cette dernière en raison d’un changement de normes comptables.


 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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