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Facebook sera-t-elle l'exception?

Bernard Mooney . les affaires.com . 29-11-2011 (modifié le 29-11-2011 à 09:39)

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Blogue. Le Wall Street Journal a publié hier soir la nouvelle voulant que Facebook prépare son entrée en Bourse.


Selon le quotidien financier américain, la société émettrait pour dix milliards de dollars (G$) US de ses actions lui donnant une valeur de plus de 100 G$ US. Le premier appel public à l’épargne (PAPE) devrait avoir lieu entre avril et juin 2012. Ce serait le plus important PAPE de l’histoire pour une société dans le secteur de la technologie et de l’Internet.


C’est le genre de nouvelle qui me laisse complètement froid comme investisseur. Pourquoi? Parce que dans la grande majorité des cas, les PAPE sont un marché de dupes. Le plus souvent, les PAPE sont vendus dans un contexte qui restreint beaucoup les chances de faire de l’argent.


Cela a toujours été le cas (Benjamin Graham en a parlé il y a 80 ans) et c’est encore vrai aujourd’hui.


Les exemples récents sont éloquents. Groupon a ainsi fait une émission au début de novembre. Après une première journée en forte hausse, le titre a fondu de 41% depuis. LinkedIn a perdu 33% depuis sa première journée.


Des noms moins connus comme Zillow, Skullcandy et Pandora ont tout aussi mal fait.


J’admets que le contexte boursier est difficile car nous sommes loin d’être dans un marché euphorique. Ce qui n’aide pas ces nouvelles sociétés.


Habituellement (dans un marché haussier), ces titres carburent sur l’euphorie et l’enthousiasme des investisseurs, avant de vraiment se faire démolir dans le marché baissier qui suit. La plupart disparaissent ainsi du radar boursier pour de bon, alors qu’une minorité se resaisissent.


Évaluation


Le plus important problème des PAPE est évidemment l’évaluation. Groupon, pour ne prendre que cet exemple, a une valeur boursière de près de 10G$ US (après la baisse). Le titre se vend six fois les revenus prévus en 2011 (elle ne sera pas profitable) et quelque chose comme 100 fois les bénéfices prévus en 2012.


Concernant Facebook, selon le Wall Street Journal, elle aurait des revenus de plus de 4G$ US lors de sa venue en Bourse (ce qui veut dire que les actions se vendraient 25 fois les revenus). On prévoit un chiffre d’affaires de 3,8G$ US cette année par rapport à 1,9G$ US en 2010. On ne connaît pas les profits


Les propriétaires d’entreprises privées attrayantes veulent avoir un bon prix pour prendre le pari boursier (pas toujours tentant, avouons-le). Ils choisissent donc le contexte le plus favorable possible pour eux. Ce qui pipent les dés en faveur des vendeurs et contre les acheteurs.


Ce qui explique pourquoi c’est un marché à éviter.


Bernard Mooney


 

1 commentaire

m1ax le 29-11-2011

Je suis comme vous M. Mooney. J'évite systématiquement les PAPE, bien qu'à l'occasion il arrive d'y trouver de bonnes affaires. Ainsi, au Canada, l'introduction en bourse de Dollarama est un accès pour les actionnaires jusqu'à présent. Même chose aux USA pour les actionnaires de Google. Il s'agit de deux exemples, mais il y en a d'autres. Cela n'empêche pas que pour quelques succès, il y probablement des dizaines et des dizaines de situations moins reluisantes. En somme, s'abstenir est généralement une décision sage. Bien sûr, cela n'empêche pas une personne bien informée de profiter d'une bonne occasion lorsqu'elle passe. Encore faut-il être vraiment «informé»...

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