Comment battre le marché

Publié le 08/06/2015 à 08:11

Comment battre le marché

Publié le 08/06/2015 à 08:11

(Photo: Bloomberg)

S’il y a une grande contradiction dans ma carrière, c’est celle-là. Pendant que j’ai passé les 10 dernières années à conseiller aux investisseurs de favoriser les produits indiciels, j’ai toujours été convaincu qu’on pouvait battre le marché. Je connais plusieurs investisseurs qui y réussissent d'ailleurs.


J’ai déjà expliqué qu’il n’y avait qu’apparence de contradiction (j’y reviendrai). Mais aujourd’hui, étude à l’appui, je veux donner les deux clés qui peuvent vous permettre d’effectivement battre le marché à long terme.


D’abord, si vous êtes un épargnant typique, qui veut s’enrichir mais qui n’a pas le temps, ni le goût de se casser la tête à choisir ses titres boursiers, les produits indiciels sont la solution. C’est vrai pour au moins 90% des lecteurs de ce blogue. Pour eux, acheter un fonds négocié en Bourse (FNB) représentant l’indice S&P/TSX et un FNB représentant le S&P 500 EST la solution intelligente, efficace et économique.


C’est ce qu’on appelle la gestion passive et elle repose en grande partie sur l’idée qu’il est impossible de battre le marché. Et si vous suivez un peu l’actualité financière, vous savez qu’elle est maintenant une idée très à la mode. Il est devenu très «in» de planter les gestionnaires qui font de la gestion active et de les caricaturer comme des incapables de battre le marché, malgré leurs honoraires élevés.


Sauf que….


Comme dans bien des domaines, c’est une grave erreur de généraliser. Car il y a des investisseurs professionnels qui battent le marché, en nombre suffisant pour être obligé de faire des nuances.


Ces champions qui battent les indices ont certains points communs que vous devriez étudier attentivement. «Ce sont seulement les gestionnaires avec des stratégies axées sur la patience qui surperforment leurs indices de référence», écrivent Martijn Cremers, de l’University of Notre Dame et Ankur Pareek, du Rutgers Business School dans une étude publiée en septembre 2014.


Et dans leur recherche, deux concepts clés ressortent. Le premier est le fait de gérer de façon active dans le sens de bâtir des portefeuilles qui s’éloignent de l’indice. Ainsi, le gestionnaire d’actions canadiennes dont le portefeuille calque l’indice S&P/TSX a peu de chance de vraiment battre cet indice à long terme.


Autrement dit, plus le portefeuille s’éloigne de l’indice, plus les chances sont grandes pour qu’il fasse mieux que l’indice (n’oubliez pas que l’inverse est aussi vrai).


L’autre concept clé est celui de la patience. Dans l’étude mentionnée, les gestionnaires dits «patients» sont ceux qui conservent en moyenne leurs titres pendant au moins deux ans. Entre vous et moi, ce n’est pas très patient, mais c’est nettement supérieur à la moyenne de l’industrie.


Et ces deux concepts génèrent les mêmes résultats heureux que ce soit chez les gestionnaires de fonds communs que chez ceux qui gèrent des fonds spéculatifs (hedge funds).


Vous avez donc la recette et elle ne vous surprendra guère. En passant, la présence de ces deux facteurs n’est pas une garantie de succès. La vie n’est pas aussi simple. Par contre, leur absence garantit l’échec.


Enfin, cela donne également les critères judicieux pour évaluer les gestionnaires, si vous voulez choisir un fonds commun ou si vous voulez confier votre capital à un professionnel.


Bernard Mooney


 

À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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