Le sociofinancement, ça vous lance un vélo à l’international sans effort

Publié le 07/12/2018 à 10:00

Le sociofinancement, ça vous lance un vélo à l’international sans effort

Publié le 07/12/2018 à 10:00

Depuis le temps que les plateformes de ce qu’on appelle du «sociofinancement» comme Kickstarter et Indiegogo existent, on en a appris un pan sur ce qui motive les décisions d’achat des consommateurs de partout dans le monde.


Une tendance forte : tout ce qui touche à l’écoute de la musique semble être promis à un beau succès, peu importe d’où ça vient. Plus récemment, ce sont les vélos électriques de nouvelle génération qui semblent avoir émergé, en partie grâce à ces sites.


Une récolte de 1,1 million $


La preuve : cet automne, le fabricant montréalais Carbo a obtenu un beau succès sur Indiegogo avec son propre vélo urbain, un modèle éponyme électrifié, qui se trouve à être le plus léger en son genre à l’heure actuelle. Pliable, il est notamment fait d’un cadre en carbone, assurant un poids plume, ou presque, à l’ensemble.


À 868 786 dollars US (environ 1,1M$CA) récoltés dans une campagne de ce qui, pour utiliser les vrais termes, n’est rien d’autre qu’une prévente de son produit, Carbo a dépassé de 1700% son objectif de financement initial. Un peu plus de 500 acheteurs se sont présentés sur Indiegogo et ont allongé entre 1000 et 2000 dollars pour mettre la main sur un vélo Carbo qui leur sera acheminé au plus tôt en avril prochain.


Chose qui sera faite, assure Lyne Berro, co-conceptrice du Carbo. «Le design était déjà à 99 pour cent complet au moment de lancer notre campagne, pour s’assurer qu’on sera dans les temps. Et toutes les pièces sont détachables, ce qui va faciliter l’entretien et la réparation éventuels du vélo», dit celle qui s’envole bientôt pour la Chine afin de s’assurer de trouver les bons fournisseurs afin de livrer le tout à temps.


Frileux, les internautes québécois?


Car c’est bien là un des pires problèmes avec ces sites : des promesses faites des mois à l’avance, moyennant quelques centaines de dollars, qui s’évaporent ensuite faute d’avoir pu concrétiser la fabrication du produit initial.


Devant ce risque, plus d’un internaute hésite à débourser à l’avance, ça se comprend. Mais ça n’empêche pas des sociétés capables de démontrer leur crédibilité de continuer de miser sur cette forme de financement, de prévente et de marketing afin de se faire connaître.


Pour Carbo, ça s’est avéré un succès. «Une campagne de sociofinancement, ça vous lance à l’international et ça ne demande pas de grands efforts», ajoute Mme Berro. «On a parlé de nous dans plusieurs pays. En fait, c’est surtout au Québec qu’on a obtenu très peu de rayonnement.»


Les internautes québécois sont-ils plus frileux, face à ces plateformes web, que le sont leurs homologues américains ou même japonais, les deux marchés les plus chauds pour Carbo? «Les Américains sont certainement plus à l’aise avec le concept de précommande. Pour les acheteurs québécois, il a fallu expliquer notre fonctionnement, et même inviter les gens à venir voir puis essayer un prototype du vélo pour qu’ils achètent», continue la dirigeante de Carbo.




La mobilité urbaine réinventée


Comme bien d’autres, le petit monde du vélo est un microcosme, avec ses propres traditions, ses propres habitudes, sa culture particulière. Dans bien des cas, on n’est pas qu’amateurs de vélo. On aime le vélo de route, le vélo de montagne, le fatbike, etc.Un vélo électrique pliable en carbone, ça ne case dans aucune de ces catégories. C’est plutôt un vélo urbain, destiné à aider les gens vivant dans les quartiers denses à se déplacer sans avoir à se rabattre sur des autobus ou un métro parfois en retard, ou à compléter rapidement la distance restant entre la station de transport en commun la plus près et le bureau ou la maison.


«C’est le format parfait pour une vie urbaine. En fait, la ville de New York est le marché idéal pour Carbo, puisque ce vélo a un format et un poids conçu pour la vie en ville dans un appartement», résume Lyne Berro.


Avec une autonomie variant de 20 à 65 kilomètres par charge, selon le modèle, et une vitesse de pointe de 32 km/h, ce vélo a de quoi intéresser les gens qui hésitent devant un Bixi en raison des côtes à monter pour se déplacer surtout du centre-ville montréalais. Il n’a pas été conçu exprès pour l’hiver, mais il suffit de lui ajouter les bons pneus pour se déplacer dans la neige, comme tout autre vélo.


De toute façon, on verra bien comment il se débrouillera dans la vraie vie dès l’an prochain, puisque les acheteurs sont déjà trouvés. Et leur réaction dictera la suite, pour Carbo, qui songe déjà à ses prochains modèles de vélo. «On ne veut pas trop en parler, mais on aura des plans pour la suite», assure Mme Berro.


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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