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Des banques canadiennes en bonne santé

Pourquoi les banques américaines en difficulté entraînent-elles dans leur sillage les banques canadiennes ? Ce phénomène, que l'on pourrait associer à l'interdépendance de nos économies, n'est pourtant pas justifié. Si l'économie canadienne était en aussi grande difficulté que l'économie des États-Unis, il serait raisonnable qu'elle subisse une forte correction boursière. Mais ce n'est pas le cas. La performance financière des banques canadiennes est tributaire des conditions économiques, qui demeurent favorables au pays. Quatre facteurs clés en témoignent.

1. Au Canada, le marché du travail reste robuste et le taux de chômage se situait à 6,2 % en juin. De plus, si l'on compare ce taux à celui des cycles précédents en période de récession, nous nous tirons fort bien d'affaire ;

2. Le Canada bénéficie présentement de la forte demande mondiale de ressources naturelles (énergie et céréales surtout), ce qui stimule ses exportations dans un marché où les prix sont à la hausse. Les recettes des exportations contribuent à l'augmentation du revenu national brut ; en retour, celui-ci soutient les dépenses des consommateurs, qui profitent des effets positifs des exportations sur l'économie ;

3. Les finances publiques du Canada demeurent saines. Le pays n'a pas à lutter contre un déficit fiscal comme celui qui mine les États-Unis et plusieurs pays européens : au contraire, la dette publique est en baisse ;

4. Notre économie n'a pas connu les excès et les déboires du marché hypothécaire de nos voisins du Sud. Le marché canadien reste équilibré et ne devrait pas subir les crises qui ont touché le marché américain et l'ont plongé dans une deuxième vague de pertes financières.

Il n'y a donc pas de raison majeure qui justifie une forte réaction sur la valeur boursière des banques canadiennes, et la situation pourrait se corriger à court terme. Nous recommandons à l'investisseur de tenir bon et de se concentrer sur ses perspectives à moyen terme. Il pourra également mesurer l'occasion d'acquérir des titres à prix d'escompte.

Toutefois, le véritable signal de départ sera donné quand le prix du baril de pétrole se stabilisera : dans l'éventualité où le prix du baril revienne d'une façon durable dans une fourchette de 100 à 120 dollars, les perspectives économiques mondiales s'éclairciront et les pressions inflationnistes diminueront. Ceci devrait déclencher un mouvement boursier à la hausse. La masse des investisseurs pourra alors se lancer dans le marché, et ceux qui auront anticipé ce mouvement s'en féliciteront.

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