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Inflation : les banques centrales prises au piège

Ceux qui croient que la situation économique se dirige vers une embellie parce que " le pire serait derrière nous " auront avantage à sortir leurs lunettes d'approche. La probabilité que les marchés boursiers nord-américains connaissent une forte correction au second semestre de cette année se confirme de jour en jour.

Les banques centrales - la Fed en tête - se sont montrées très conciliantes cet hiver et se trouvent maintenant coincées : leur marge de manoeuvre est réduite, alors que les coûts de l'énergie et des matières premières restent très élevés et laissent poindre une période d'inflation. Déjà, en juin, les banques centrales signalaient l'importance de contenir les attentes inflationnistes.

La recette habituelle pour contenir l'inflation a pour principal ingrédient un resserrement de la politique monétaire, c'est-à-dire des hausses des taux d'intérêt. Il faudrait que les banques centrales passent bientôt de la parole aux actes à ce propos si elles veulent préserver leur principal atout, soit leur crédibilité. Le seul hic, c'est que le cycle baissier de l'immobilier n'a pas encore atteint son creux et que la confiance des consommateurs est déjà extrêmement faible. Des hausses de taux d'intérêt dans un tel contexte entraîneraient inévitablement des effets néfastes sur le marché hypothécaire. Le contrôle de l'inflation risque donc de faire basculer l'économie dans une récession plus profonde. Une telle éventualité aurait pour effet de déclencher une correction boursière très prononcée. Ce qu'il faut comprendre, c'est que confrontées à un choix difficile, les banques centrales doivent s'assurer d'abord que l'inflation reste sous contrôle, au risque de déclencher une récession plus forte qu'anticipée.

Le contexte économique à court terme s'annonce donc éprouvant s'il n'y a pas de recul significatif du prix du pétrole. Dans ces conditions, il faut continuer de favoriser les valeurs refuges - les actions de multinationales nord-américaines qui puisent la majorité de leurs revenus outre-mer -, le secteur des ressources, qui demeure fondamentalement fort, et les obligations de qualité. Il nous apparaît que le marché obligataire souffrira moins que le marché boursier, du moins cette année.

Quant à la correction boursière qui a marqué une pause depuis la fin de 2007, il faut prévoir qu'elle se poursuivra et prendra une ampleur insoupçonnée, avec tous les revers que cette situation peut comporter pour les investisseurs. Restez sur vos gardes : des turbulences sont à prévoir.

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