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Autant cette récession a mis du temps à se confirmer, autant elle risque de se prolonger. C'est le scénario qui nous semble le plus plausible en raison d'un facteur clé : la diminution actuelle du PIB américain est relativement modeste par rapport à celle des récessions précédentes ; elle va donc se poursuivre plus longtemps. Nous prévoyons que l'économie américaine - et éventuellement l'économie mondiale - ne reprendra pas son rythme de croissance avant 2010. Mais cette récession sera finalement moins profonde que ce que prévoyaient les médias. Un facteur défavorable retardera la reprise : le crédit ne sera plus aussi facilement disponible. De 2003 à 2007, les banques centrales asiatiques ont tellement investi dans les obligations américaines que les capitaux disponibles ont créé d'énormes surplus. Ces surplus ont fait baisser les taux d'intérêt à long terme, et donc le coût du crédit. Autrement dit, l'abondance de capitaux a exercé des pressions à la baisse sur les taux d'intérêt des obligations américaines, et par la suite, sur les taux des prêts consentis aux consommateurs.
La crise a été provoquée par la surconsommation et la prolifération de programmes de crédit douteux, particulièrement pour l'accession à la propriété, ont entraîné le surendettement des consommateurs. Alors que les ménages peinent à payer leurs hypothèques, la conjoncture économique évolue et pointe dorénavant vers une hausse des taux d'intérêt. Les consommateurs, qui doivent diminuer leurs achats, cessent d'être le moteur de l'économie parce qu'ils se heurtent à des coûts de crédit plus élevés.
L'économie canadienne ressentira éventuellement les contrecoups de la récession américaine et pourrait connaître également une certaine diminution de l'offre de crédit. Les entreprises manufacturières qui auront profité jusqu'à maintenant de taux d'intérêt plus faibles et d'un dollar plus fort pour investir dans leurs équipements seront les plus favorisées pour traverser la récession.
Dans ce contexte, nous recommandons ce que nous soutenons depuis plusieurs mois : il faut privilégier les titres les plus liquides ainsi que les grandes entreprises actives dans les pays asiatiques en forte croissance. Il faut reconnaître qu'outre les secteurs de la finance et de l'immobilier aux États-Unis, les grandes entreprises se portent assez bien, les stocks sont à un niveau raisonnable et la santé financière du pays est encore "acceptable". Les interventions de la Banque fédérale américaine (la "Fed"), qui supervise le système bancaire américain, ont bien sûr contribué à maintenir cette santé.
Il ne faut donc pas céder à la déprime si les données économiques à court terme sont faibles. L'économie américaine rebondira, mais sur une période que nous évaluons à environ deux ans. Et les autres économies suivront, derrière l'impérissable locomotive qui carbure aux dollars américains.