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La vigueur de notre dollar par rapport à la devise américaine a déclenché chez nous une poussée fulgurante de consommation pendant la période des fêtes. Il y a eu recrudescence des séjours aux États-Unis, moins importante qu'au début des années 1990 toutefois, quand le magasinage transfrontalier était très populaire. C'est qu'avec Internet, il n'est plus nécessaire de se déplacer pour magasiner : le recours aux commandes en ligne monte en flèche, comme l'observent Postes Canada et le bureau des douanes. Cette situation va s'intensifier. Mais à qui profitera-t-elle le plus ? Le huard a entrepris sa hausse en 2003, jusqu'à la parité que nous connaissons aujourd'hui. Pendant tout ce temps, les détaillants se sont réjouis du regain de consommation. Il faut dire que la bonne santé économique du pays a beaucoup favorisé l'acquisition de biens. Mais la pression pour une baisse des prix - dans une perspective d'ajustement avec les prix en cours aux États-Unis - s'est renforcée depuis l'automne pour gruger progressivement les marges bénéficiaires des magasins de détail. La fête pourrait donc être de courte durée.
Le secteur manufacturier écope aussi
La force du huard nuit aussi aux entreprises manufacturières canadiennes. Pour contrer les effets d'une devise forte, la Banque du Canada pourrait utiliser sa marge de manoeuvre pour réduire de nouveau les taux d'intérêt afin de mieux soutenir la demande intérieure. Elle pourra ainsi compenser la baisse des exportations qui résulte de l'appréciation rapide du dollar canadien et de la baisse de régime aux États-Unis. Cette baisse des taux facilitera le processus d'ajustement et permettra à l'économie canadienne de se rééquilibrer. Le secteur manufacturier, entre autres, sera ainsi en mesure de se diversifier et d'investir davantage pour améliorer son efficacité.
Les secteurs à favoriser
Sur le plan de l'investissement, il faudra éviter le secteur des entreprises de détail, en raison de la forte pression à la baisse sur les prix. Par contre, la baisse éventuelle des taux d'intérêt favorisera les banques, après l'importante correction qu'elles ont subie lors de la récente crise des liquidités liée au papier commercial adossé à des actifs. Les investissements sont donc plus prometteurs dans les entreprises solides et peu endettées et dans les entreprises de l'Ouest canadien, qui poursuit sa croissance fulgurante et où le potentiel demeure le plus intéressant.
Économiste en chef et stratège de Valeurs mobilières Banque Laurentienne