go

Recherche avancée

Accueil

Accueil >> Publications  >> Commerce  >> Détail d'article - Revue Commerce

La fracture Wal-Mart

Cet été, les huit employés de l'atelier automobile du Wal-Mart de Gatineau ont signé la première convention collective de l'histoire de cette entreprise. Leur salaire grimpera de 8,50 dollars de l'heure à 8,90 dollars de l'heure, et de 11,50 dollars de l'heure à 15,15 dollars de l'heure. Au même moment, de l'autre côté de la planète, les employés des succursales Wal-Mart du Nord-Est de la Chine ont signé, eux aussi, leur premier contrat collectif de travail. Si tout se passe comme prévu, leur salaire devrait augmenter de 8 % d'ici 2009. De plus, ils auront droit à des congés payés, à des avantages sociaux ainsi qu'au paiement des heures supplémentaires.

Les revendications des employés de Gatineau et du Nord-Est de la Chine sont incompatibles avec le modèle Wal-Mart. Elles remettent en question les fondements même de cette entreprise. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le porte-parole québécois de Wal-Mart lui-même. " Ce n'est pas le genre de convention [N.D.L.R : celle de Gatineau] que nous aurions aimé signer, a commenté Yannick Deschênes. Cela aura un impact significatif sur notre modèle d'affaires, qui est d'offrir les meilleurs prix à notre clientèle. " Sam Walton a créé Wal-Mart en 1962 pour servir la population pauvre des villages de l'Arkansas. Il n'a jamais eu qu'une devise : " Achetez d'énormes quantités, réduisez vos marges au maximum et regardez la marchandise s'envoler ". Une stratégie simple mais efficace. Même si Wal-Mart suscite régulièrement la controverse, elle n'en fait pas moins son chemin. Ainsi, après quelques années de stagnation, le titre vient de rebondir. Depuis un an, il a grimpé de 25 % alors que l'indice Standard & Poor's a chuté de 12 %. Et les analystes, qui hier encore lui reprochaient son inertie, affirment aujourd'hui que ce titre est sous-évalué.

Wal-Mart voit poindre le spectre d'une hausse de coûts (à cause des augmentations de salaires) au moment où son titre reprend du muscle, dopé par une croissance internationale de 16,9 %. D'un côté, il y a ce que les clients veulent, et de l'autre, ce que le reste des publics (activistes financiers, environnementalistes, groupes de consommateurs, lobbys pour les droits de la personne, etc.) réclament. C'est ce que l'on pourrait appeler la " fracture Wal-Mart ".

Il se dit et s'écrit beaucoup de choses sur cette entreprise, mais pas encore assez. Il faut l'étudier encore plus. Sans passion ni émotion, plutôt comme un business case. Car la fracture qui existe entre, d'un côté, Wal-Mart et les demandes de ses clients, et de l'autre, les exigences des autres publics, se répétera dans d'autres entreprises. Des modèles d'affaires éprouvés voient leurs fondations ébranlées. Et celui qui repose sur les plus bas prix est à la fois le plus fort et le plus fragile de tous. Que faites-vous lorsque vos clients sont comblés, mais que le reste du monde conteste vos actions ? Sam Walton doit se retourner dans sa tombe, lui qui disait : " Il n'y a qu'un patron, le client ".

Une nouvelle chronique

Le mois dernier, Commerce a fait ses adieux au PDG masqué. La nature ayant horreur du vide, un nouveau chroniqueur prend sa place ce mois-ci. Autre plume, autre style, mais dans un esprit de continuité. Si le PDG masqué prenait un malin plaisir à dénoncer les travers des uns et les incohérences des autres, Rémi Tremblay, lui, compte emmener le lecteur à l'extérieur de sa zone de confort. Intitulée " Hors-piste ", sa chronique traitera de leadership. Ancien PDG, Rémi Tremblay accompagne aujourd'hui les dirigeants. Et s'il les entraîne hors de la piste, c'est pour qu'ils apprennent à en tracer une qui leur ressemble. Sortir de sa zone de confort pour mieux la retrouver.

rédactrice en chef

diane.berard@transcontinental.ca

Publicité

les affaires.tv

Publicité
Publicité

Liens commerciaux