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Un groupe boursier américain a voulu se porter acquéreur de la Bourse de Montréal cet automne, a indiqué lundi l'institution, sans révéler le nom du prétendant.
"Le 17 septembre, un groupe boursier établi aux Etats-Unis a communiqué avec la Bourse, sans avoir été sollicité, afin de l'informer de son intérêt au sujet d'une éventuelle acquisition", précise la Bourse de Montréal dans une circulaire de procuration publiée en début de soirée, lundi.
Des accords de confidentialité et de moratoire ont été conclus, mais deux semaines plus tard, le 2 octobre, le groupe américain a mis fin aux discussions "pour des raisons n'ayant pas trait au fond de l'opération envisagée", peut-on lire dans la circulaire.
Le document réglementaire vise à obtenir l'appui des actionnaires de la Bourse de Montréal et de l'Autorité des marchés financiers du Québec pour l'acquisition proposée de l'institution par le Groupe TSX (TSX:X), qui exploite la Bourse de Toronto. La transaction a été annoncée le 10 décembre.
Dans un entretien téléphonique, lundi, le président et chef de la direction de la Bourse de Montréal, Luc Bertrand, a assuré qu'il n'avait pas lui-même avisé le Groupe TSX de la rupture des négociations avec la société américaine.
Toujours est-il que le 1er novembre, celui qui était alors président et chef de la direction du Groupe TSX, Richard Nesbitt, a rencontré M. Bertrand afin de discuter d'une offre de fusion entre les deux entreprises, proposition qui a été officiellement présentée le lendemain. La Bourse de Montréal avait alors entrepris un "examen exhaustif des options stratégiques" s'offrant à elle, "notamment les mesures pour faire face à la concurrence anticipée de la part du Groupe TSX" dans le marché des produits dérivés, à partir de mars 2009.
L'offre du 2 novembre prévoyait le rachat de la Bourse de Montréal moyennant une contrepartie de 36,82 $ par action. Le titre de la Bourse s'échangeant alors à 32,40 $, la prime était de 13,6 pour cent. Après analyse, les conseillers financiers de la Bourse, la Financière Banque Nationale et Citi, ont jugé que la proposition "se situait dans la partie inférieure de la fourchette de la juste valeur" de l'institution.
Offres concurrentes
Pour s'assurer de recevoir un prix équitable, la Bourse de Montréal a entrepris, à l'insu du Groupe TSX, de solliciter des offres concurrentes auprès de trois groupes boursiers non identifiés, mais pas du groupe américain qui avait contacté la Bourse en septembre.
Deux des groupes ont présenté des propositions. Elles s'élevaient à environ 37 $ par action de la Bourse, mais comprenaient des "engagements en matière de maintien des activités" à Montréal que l'institution qualifie dans sa circulaire de "beaucoup moins intéressants" que ceux du Groupe TSX.
Après consultation avec six de ses actionnaires importants, la Bourse de Montréal a finalement approuvé une offre en espèces et en actions qui valait 42,56 $ par action au 7 décembre, une prime de 14,4 pour cent par rapport au cours de clôture ce jour-là.
La circulaire précise par ailleurs qu'à l'automne 2006, MM. Bertrand et Nesbitt avaient discuté de la possibilité que le Groupe TSX prenne une participation minoritaire dans la Bourse de Montréal au-delà de la limite actuelle de 10 pour cent par actionnaire. "Ces pourparlers n'ont pas atteint le stade exploratoire", soutient le Bourse dans le document.
Quant aux négociations de mai 2007, elles ont pris fin "principalement en raison d'un désaccord quant au modèle de gouvernance de l'entité issue du regroupement". Luc Bertrand n'a pas voulu dire, lundi, s'il s'agissait d'une mésentente au sujet de sa nomination au poste de chef de la direction de l'entreprise fusionnée, comme le veut la rumeur.
C'est lors d'une assemblée, le 13 février, que les actionnaires de la Bourse de Montréal se prononceront sur l'offre d'acquisition faite par le Groupe TSX. La transaction doit obtenir 66,6 pour cent d'appuis pour être mise en oeuvre.
L'AMF, qui doit aussi donner son approbation, tiendra des audiences publiques à ce sujet à la fin février ou au début mars.