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Des experts pensent que le baril pourrait atteindre 150 à 200 dollars d'ici deux ans. Photo: Bloomberg
Le baril de pétrole a battu un nouveau record à plus de 122 dollars US à cause de la faiblesse du billet vert, d'inquiétudes sur la production de brut et de prévisions controversées évoquant la possibilité d'un baril à 200 $ d'ici deux ans.
Le baril de brut léger pour livraison en juin a atteint 122,47 dollars avant de reculer légèrement sur le marché des matières premières à New York (Nymex). A Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en juin gagnait 2,59 dollars pour s'établir à 120,72 dollars le baril.
Encore à 62 dollars il y a un an, le baril de brut a quasiment doublé depuis, signe que l'on se trouve dans une phase de "super hausse" des cours de l'or noir, selon un analyste de la banque d'investissement Goldman Sachs.
Selon cet expert, Arjun Murti, le baril pourrait atteindre 150 à 200 dollars d'ici deux ans. Dans une note de recherche publiée lundi, il précise que la flambée des cours devrait à terme contraindre la demande à baisser fortement.
Mais ces prévisions sont loin de faire l'unanimité. Tim Evans, un analyste de Citigroup, les contredit dans une note où il estime que le baril a autant de chances de retomber à 40 dollars que de grimper à 200 dollars dans les deux ans à venir car, explique-t-il, l'offre reste abondante.
Selon James Cordier, président des sociétés de cotation Liberty Trading Group et OptionSellers.com, la prédiction de Goldman n'est pas nécessairement nouvelle. "Nous avons entendu des chiffres de ce genre de la part de Goldman Sachs au cours des 12 derniers mois", dit-il.
Déjà en avril 2005, M. Murti avait prédit dans une note que le marché se trouvait au seuil d'une hausse sans précédent qui verrait passer le prix de 57 dollars, un record à l'époque, à 105 dollars. Des investisseurs avaient réagi à cette prévision en achetant, précise M. Cordier. Et il semble que la nouvelle prévision de l'analyste de Goldman ait à nouveau contribué, et pour une bonne part, à la hausse du baril mardi.
Le nouvel affaiblissement du dollar mardi a également donné aux traders des raisons d'acheter du pétrole. Les investisseurs américains achètent souvent des produits comme le pétrole pour se prémunir contre l'inflation lorsque le billet vert baisse. Pour de nombreux analystes, le déclin prolongé du dollar est la véritable raison du quasi-doublement du prix du pétrole depuis l'an dernier.
Selon M. Cordier, les investisseurs sont également préoccupés par la chute de la production de brut en Russie et au Mexique, deux grands pays producteurs de pétrole. Et il y a aussi les inquiétudes sur l'offre de brut au Nigeria et dans le nord de l'Irak qui ont propulsé le baril pour la première fois au-dessus de 120 dollars lundi.
Des attaques de militants au Nigeria ce week-end ont réduit la production d'une installation du groupe Royal Dutch Shell dans le pays. En Irak, les rebelles kurdes ont menacé de lancer des attentats-suicides contre des intérêts américains pour punir les Etats-Unis de fournir des renseignements à la Turquie, qui a bombardé des bases rebelles en Irak vendredi.