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La PME montréalaise exploite deux boutiques-galeries pour le bénéfice de tous.
Série. Engagement dans la communauté
Si vous entrez chez Georges Laoun opticien, vous en ressortirez probablement avec une paire de lunettes, mais aussi avec un regard neuf sur l'art, et peut-être un tableau.
Cet opticien de Montréal offre à des artistes d'exposer sans frais leurs oeuvres dans ses deux magasins.
Tableaux, photos et sculptures cohabitent avec les présentoirs à montures. Les expositions changent toutes les quatre semaines et débutent par un vernissage, comme dans une galerie d'art.
L'homme à qui on doit cette initiative est Sherif Laoun, le fils du fondateur.
Lorsque son père a ouvert son premier magasin, au début des années 1980, Sherif étudiait en lettres et travaillait à temps partiel dans le commerce familial. Il se passionnait pour la poésie, le théâtre et la danse. Petit à petit, il s'est engagé comme bénévole dans plusieurs organismes culturels. " J'ai vu à quel point le processus de création demandait du travail. "
Arts de la scène et arts visuels
Au début des années 1990, quand le père emménage dans un plus grand local, rue Saint-Denis - en plein quartier latin, foyer de la communauté artistique - Sherif élabore son projet de boutique. " Je voulais que le magasin serve de lieu de diffusion artistique ", raconte-t-il. Une façon de concilier son amour des arts et son dévouement à l'entreprise.
Sherif Laoun a commencé à prêter le magasin de son père à des artistes. Pendant plusieurs années, il y a produit des spectacles après les heures d'ouverture, pour finalement en arriver à la formule de galerie d'art, ouverte en même temps que la boutique. L'entreprise soutient aussi financièrement une dizaine de troupes de théâtre et de danse.
Cette formule, qui a par moment demandé beaucoup de temps et d'argent, est devenue au fil des ans un signe distinctif pour l'entreprise.
" Je me souviens d'une époque où mon père n'avait pas les moyens de s'acheter une voiture, relate Sherif Laoun. Il était alors fâché que je lui impose ma passion des arts. Fâché, mais content. "
Mylène, une des soeurs de Sherif, responsable des achats, qualifie l'engagement de son frère de " clairvoyant ". Pourquoi ? Parce qu'il a rejailli sur toute l'entreprise et que les bénéfices en sont réels.
D'abord, pour les artistes. Laoun a servi de tremplin aux peintres André Brosseau et Pascale Pratte, et à la troupe de théâtre Il va sans dire, de Dominic Champagne. Ensuite, pour les clients, à qui on offre la valeur ajoutée d'un environnement stimulant. M. Laoun prévoit mener un sondage pour savoir si l'engagement de son entreprise envers les arts est un facteur de fidélisation.
Finalement, pour les employés : " Cela modifie notre cadre de travail et élargit nos horizons, s'exclame Mylène Laoun. À chaque exposition, on se demande : est-ce qu'on va aimer ? Et même si on n'aime pas, on est toujours curieux ".
Sherif Laoun est encore le seul à sélectionner les oeuvres. Son carnet est rempli pour deux ans. " Avant, j'allais chercher les artistes. Maintenant, ils viennent à moi. J'ai dû apprendre à dire non ", dit-il.
Authenticité
Sherif Laoun choisit les oeuvres pour leur authenticité - " ce qui m'intéresse, ce n'est pas le beau, mais le vrai " - et il agit lui-même avec authenticité et non par intérêt marketing.
Lorsqu'on relève le lien évident entre le secteur de l'entreprise - mieux voir - et son engagement pour les arts visuel, il semble surpris. " Pour moi, il n'y a pas de lien. Les lunettes, c'est très pratique, tandis que l'art m'emmène dans un endroit qui n'a rien à voir avec le réel. Si les deux sont liés, c'est une coïncidence ".
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CINQ RAISONS POUR UNE PME DE S'ENGAGER
Qu'est-ce qu'une entreprise peut offrir à la communauté sinon de l'argent ? Du temps, de l'expertise, des produits, des services ou un accès à son réseau. Et qu'est-ce qui pousse une entreprise à s'engager ainsi ? Deux PME répondent.
1. La cause et ceux qui la défendent
L'agence de communication Orangetango s'est associée à la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale dirigée par Gilles Julien. " Le Dr Julien nous a été présenté par le comédien Christian Bégin, un ami, relate Pierre Bernard, président d'Orangetango. Quand il est sorti de notre bureau, on savait qu'on voulait travailler pour lui. C'est avant tout les gens qui nous convainquent de nous impliquer. "
Orangetango a d'abord réalisé bénévolement une affiche et un message publicitaire télévisé pour la guignolée de la fondation. Ensuite, elle a prolongé une dégustation de vins, qu'elle organisait pour l'Association des producteurs de vins chiliens, en activité au profit de la fondation du Dr Julien.
Orangetango s'est aussi associée à la Société de Transport de Montréal au profit de la Fondation des petits trésors, une autre cause qui lui semble juste. Elle a envoyé ses 24 employés et 300 bénévoles recrutés sur Facebook collecter des fonds dans le métro. " Une belle leçon d'humilité ", relate M. Bernard.
2. Faire sa marque
" Chaque fois qu'on s'engage, c'est parce qu'on sait que notre talent peut avoir un impact ", poursuit M. Bernard.
Ainsi, c'est pour démontrer son savoir-faire que TP1 Internet 360, une boîte de développement de sites Internet, soutient la troupe de théâtre le Pont Bridge, qui " explore l'interrelation entre la parole, le corps, l'espace et l'image " et incorpore la vidéo à la scène, explique le président de TP1, Jan-Nicolas Vanderveken. " Nous utilisons la vidéo sur le Web. Il y a donc un lien. "
3. Mobiliser ses employés
Le travail de TP1 avec le Pont Bridge et d'Orangetango avec les deux fondations représente également une façon pour ces PME de stimuler le développement professionnel de leurs employés et leur donner des projets qui les emballent.
4. Faire de la R-D
" Le mandat avec Pont Bridge nous a fait progresser dans l'utilisation de la vidéo sur le Web, dit M. Vanderveken. C'est une synergie. Les artistes que l'on aide nous font aussi avancer. "
5. Développer son réseau
Orangetango fait profiter les fondations de son réseau de contacts. Et TP1 a rencontré le Pont Bridge grâce à une connaissance de M. Vanderveken. On donne et on reçoit. " Sans arrière-pensée ", précise M. Bernard. En faisant de " belles rencontres ", on élargit son réseau. Une façon intelligente et engagée de faire des affaires.