Samedi 04 juillet 2009

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Plus difficile d'obtenir un prêt hypothécaire

Mon institution financière m'a refusé un prêt hypothécaire sous prétexte que ma situation financière était trop incertaine dans le contexte actuel.

Je suis travailleur autonome, mais mes revenus sont réguliers et j'estime avoir une bonne situation financière. Suis-je victime d'un excès de prudence de la part de mon banquier ?

- Charles M.

La crise du crédit n'a pas des conséquences que sur les marchés financiers : elle touche tous les pans de nos finances personnelles.

Le coût du crédit a augmenté, et les institutions financières sont plus prudentes dans l'octroi de prêts.

Un banquier montréalais m'a confié - sous le couvert de l'anonymat - qu'il était devenu très réticent à accorder un prêt hypothécaire à certains clients jugés plus à risque, dont les travailleurs autonomes, les investisseurs étrangers ainsi que ceux qui ont un retard de paiement enregistré auprès d'une agence d'évaluation du crédit.

Ce banquier est également moins tolérant à l'égard des clients qui accusent du retard dans leurs remboursements hypothécaires. Dès le deuxième mois de retard, il remet le dossier de ses clients fautifs au service de perception de son institution. Auparavant, il était prêt à attendre jusqu'au quatrième paiement en retard avant de confier un dossier au recouvrement.

Ce banquier m'a expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une directive de son institution financière, mais plutôt d'une initiative personnelle visant à réduire les risques grandissants de pertes qui planent sur les institutions financières.

Ainsi, dit-il, si la crise financière s'aggrave, les dossiers problématiques auront été en bonne partie éliminés.

Morale de l'histoire : autant les institutions financières ont ouvert les robinets du crédit lorsque l'économie allait bien, autant elles seront frileuses à courir des risques.

Vous pouvez vous tourner vers des prêteurs indépendants, mais sachez que ceux-ci doivent composer avec les mêmes difficultés de financement que les banques.

Régler mes dettes ou placer l'argent dans un CELI ?

J'ai des liquidités et un petit solde sur une marge de crédit.

Devrais-je utiliser mes liquidités pour rembourser le solde de la marge de crédit ou placer cet argent dans un compte d'épargne libre d'impôt (CELI) ?

- G. Leblanc

Tout dépend du rendement que vous pourrez réaliser avec un placement dans un CELI et du taux d'intérêt appliqué à votre marge de crédit.

Si vous croyez pouvoir obtenir un rendement plus élevé en investissant votre argent qu'en remboursant votre dette, je vous recommande de le faire. Mais dans la plupart des cas, il est plus avantageux de rembourser une dette que d'investir, car le taux d'intérêt d'un prêt est habituellement plus élevé que le rendement que procure un placement.

De plus, vous remboursez votre dette avec de l'argent déjà imposé (vous avez payé de l'impôt sur votre salaire), tandis que les revenus de placement seront imposés en fonction de votre taux d'imposition. Votre placement doit donc vous procurer un rendement brut plus important (en fonction de votre taux d'imposition) pour équivaloir à ce que vous épargnez en remboursant votre marge de crédit.

Par ailleurs, je vous rappelle que le CELI, dont la création a été annoncée dans le dernier budget fédéral, entrera en vigueur le 1er janvier. Vous pourrez y cotiser jusqu'à 5 000 $ par année. Les cotisations ne seront pas déductibles d'impôt, mais les revenus de placement dans ce compte d'épargne ne sera pas imposable.

ING Direct a commencé à offrir le Compte d'Épargne-placement libre d'impôt. Ce compte procure un taux d'intérêt de 3 %, mais jusqu'au 31 décembre, ING versera une prime qui double le taux d'intérêt à 6 %. Cette prime vise à éliminer l'effet de l'impôt sur le rendement, car les placements dans ce compte d'ING seront imposables jusqu'à l'entrée en vigueur du CELI, en janvier.

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