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Diminuer les risques de rejet lors d'une greffe

Les cellules souches constituent le Graal de la médecine du futur.

Véritables usines à matière première, ces cellules mères peuvent se régénérer et fabriquer de nouveaux rejetons. Les applications en médecine sont très prometteuses.

Le Dr Denis Claude Roy, hématologue et directeur du Centre de recherche de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, consacre sa vie à débusquer ces cellules miracles pour traiter les cancers du sang.

" Il y a un taux inacceptable d'échecs dans les greffes de moelle osseuse. On enregistre plus de 50 % de rejets [éliminaiton du greffon par le patient]. Il faut absolument améliorer les traitements, d'où l'intérêt pour la recherche sur les cellules souches ", dit-il.

Le manque de compatibilité entre donneur et receveur représente le principal obstacle. Grâce au procédé mis au point par son équipe, le Dr Roy croit être en mesure de multiplier par deux le potentiel de donneurs et d'augmenter d'au moins 20 % les chances de succès par rapport à la greffe traditionnelle.

Un projet d'étude qui n'avançait pas

Ironiquement, c'est à un chercheur déprimé qu'on doit cette découverte qui permet de sauver des vies.

Lors d'un congrès international en Floride, un de ses étudiants au doctorat confiait au Dr Roy son découragement face à un projet d'étude qui n'avançait pas.

" Je voyais bien qu'il manquait d'enthousiasme. Soudain, l'idée a jailli de cibler les cellules qui causent le rejet de la greffe. De retour à Montréal, lui et toute l'équipe se sont remis à travailler d'arrache-pied. "

La plupart du temps, le système immunitaire du malade s'attaque aux cellules greffées sans faire la différence entre les cellules saines et les autres. L'équipe du Dr Roy a eu l'idée d'utiliser la photothérapie afin de mieux cibler les cellules à détruire. On utilise la lumière, l'oxygène et un agent photosensibilisateur pour repérer et détruire les cellules malades. Combinée à la greffe de cellules souches, cette approche permet d'augmenter considérablement les chances de réussite du traitement.

La première étude clinique au monde utilisant cette nouvelle stratégie, menée à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, a montré un taux de survie de plus de 60 %, deux ans après la greffe.

À la tête d'un nouveau centre d'excellence

Avec ses activités de médecin, de professeur et de chercheur, le Dr Roy est un habitué des semaines de 70 heures. La satisfaction qu'il tire de chaque percée le pousse à aller toujours plus loin.

En 2010, le Dr Roy aura un autre défi à relever. Il dirigera le futur Centre d'excellence en thérapie cellulaire qui verra bientôt le jour à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, un projet de 9 millions de dollars.

Ce centre veut faire le pont entre la recherche fondamentale et la recherche clinique. Il se consacrera aux recherches de pointe sur les cellules souches, le système immunitaire et le cancer. C.L.H.

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