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" Il nous manque l'ambition d'être les premiers au monde "

Le Canada a-t-il les moyens de tergiverser en matière de concurrence et de compétitivité ?

Il y a urgence d'agir tant pour Montréal que pour le Québec et le Canada. La situation mondiale évolue vite et nous devons améliorer notre compétitivité. Mais nous sommes timides et il nous manque l'ambition d'être les premiers dans le monde. Le Groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence, auquel j'ai participé, a proposé 63 recommandations au gouvernement fédéral. Les propositions les plus pressantes se rapportent au talent. Je suis de ceux qui croient que le talent attire l'investissement.

Vous faites le pari que, si la compétivité du pays s'accroît, les villes canadiennes deviendront des destinations attrayantes pour les sièges sociaux de sociétés internationales. Quel rôle envisagez-vous pour elles ?

Plusieurs personnes ont trouvé que nous avions beaucoup parlé des villes dans notre ré. exion sur la compétitivité. Mais la majeure partie de la population habite les villes et il est plutôt rare que les sièges sociaux s'installent en région rurale. Le Canada ne peut pas ne pas tenir compte de ses villes dans son avantage concurrentiel. Si nous voulons voir revenir des sièges sociaux et en attirer de nouveaux, il faut que nos villes soient vibrantes. Comment ferons-nous pour les soutenir dans leur rôle ? Nous avons suggéré d'étudier l'hypothèse d'une taxe municipale de 1 % sur la valeur ajoutée, ce qui les rendrait moins hyperdépendantes des revenus fonciers et leur procurerait un revenu en lien avec leur vitalité économique.

Vous plaidez en faveur d'une réduction de la fiscalité des entreprises et recommandez de . nancer davantage des activités de l'État par les taxes à la consommation. Or, un des éléments clés de la politique du gouvernement Harper a été de réduire la TPS. Faut-il y voir un blâme ?

Ce n'est pas un blâme, mais un avertissement au cas où le gouvernement songerait à d'autres réductions de taxes. Nous croyons que la meilleure façon d'obtenir des revenus fiscaux sans nuire à l'économie réside dans les taxes à la consommation. Il ne faudrait pas que nous tombions à zéro en matière de taxes à la consommation.

alain.duhamel@transcontinental.ca

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