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Cible ou non d'une OPA, CAE est attrayante

Qu'elle soit acquise ou non par le géant européen EADS, CAE (Tor., CAE, 11,64 $) offre un bon potentiel de rendement selon plusieurs experts.

La rumeur d'une offre publique d'achat (OPA) sur CAE fut née après que, dans une note à son personnel, Louis Gallois, président d'EADS, indiquait que sa société souhaitait acquérir des entreprises de taille moyenne fournissant des services aéronautiques.

Richard Stoneman, analyste chez Valeurs mobilières Dundee, a analysé la possibilité de cette acquisition dans un rapport de recherche publié le 26 mars. " CAE constituerait un excellent complément stratégique pour plusieurs entreprises de l'aéronautique et de la défense ", écrit-il.

CAE fabrique des simulateurs de vol et offre des programmes d'entraînement de pilotes. Sa technologie de pointe, ses revenus constants ainsi que ses relations étroites avec les constructeurs d'avions sont autant de facteurs pouvant intéresser des acquéreurs, selon l'analyste.

Toutefois, l'achat de CAE par EADS, société mère d'Airbus, est peu probable, estime Luc Grenier, gestionnaire de portefeuilles chez l'Industrielle Alliance. " En s'associant ainsi à un membre de l'industrie aéronautique, CAE devrait forcément renoncer à une partie importante du marché ", explique M. Grenier.

Même son de cloche chez Claude Proulx, analyste chez BMO Nesbitt Burns qui ne croit pas à cette OPA. Selon lui, une association à une entreprise européenne nuirait aux relations d'affaires de CAE avec Boeing et Embraer, deux clients importants.

Un titre sous-évalué

Même en écartant la possibilité d'une OPA qui ferait grimper le titre de CAE, plusieurs raisons en font un bon placement au cours actuel, selon Claude Proulx.

La société montréalaise jouit d'une position avantageuse dans le lucratif marché de l'entraînement des pilotes. De plus, M. Proulx prévoit que le bénéfice de CAE augmentera de 20 % à son exercice 2009 et de 15 % à celui de 2010.

Enfin, il croit que le cycle de croissance actuel du secteur de l'aviation se poursuivra après 2010. Il accorde au titre la cote " surperformant " et fixe un cours cible de 16 $.

Luc Grenier estime lui aussi que CAE est en très bonne position. L'entreprise obtient actuellement de nombreuses commandes, principalement de l'Europe et de l'Asie. Et le marché américain suivra bientôt, selon lui.

Si Richard Stoneman émet l'hypothèse d'une OPA sur CAE, c'est qu'il juge que les investisseurs n'évaluent pas à son mérite le succès de l'entreprise. " L'évaluation boursière ne reflète pas les changements importants survenus chez CAE au cours des 10 dernières années ", soutient-il.

CAE fait plus que vendre des simulateurs de vol aux transporteurs aériens américains, explique-t-il. En effet, 69 % de ses revenus consolidés aux trois premiers trimestres de l'exercice 2008 proviennent de l'extérieur des États-Unis et d'activités autres que la vente de simulateurs commerciaux.

Les revenus de CAE sont en hausse de 16 % après trois trimestres, et ce, en dépit de la forte appréciation du huard depuis un an. Sans la forte hausse du dollar canadien, ses revenus auraient grimpé de plus de 20 %.

M. Stoneman établit un cours cible à 17,10 $.

jean-gagnon@transcontinental.ca

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