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50 000 Québécois ont osé créer leur propre emploi en 2007

L'information est sortie en février, mais a aussitôt été noyée par d'autres nouvelles comme la flambée du prix du pétrole et le dépôt du rapport Castonguay sur le système de santé. C'est peut-être ce qui explique pourquoi cette donnée étonnante n'a pas reçu l'attention qu'elle méritait.

Plus que jamais, les Québécois créent eux-mêmes leur propre emploi. L'année 2007 s'est soldée par un gain net de 86 300 emplois, selon l'Institut de la statistique du Québec. Or, plus de la moitié de ce gain est dû aux travailleurs autonomes. Près de 50 000 nouveaux travailleurs autonomes sont apparus sur le marché de l'emploi l'année dernière.

On a beau parler de la vitalité de l'industrie aérospatiale, du jeu vidéo et du secteur de la santé, dans les faits, le taux d'activité, au Québec, progresse souvent au rythme d'un emploi à la fois : celui que créent les travailleurs autonomes.

Signe du dynamisme et de la débrouillardise des Québécois ? Ou signe d'un certain désespoir né de la contraction de l'économie, diront les plus cyniques ? Je penche plutôt pour la première option, et ce sentiment a été renforcé lors d'un récent événement auquel j'ai participé.

Le 20 février, le Centre local de développement (CLD) des Moulins tenait une Journée de l'entrepreneurship destinée en premier lieu aux jeunes entrepreneurs. Il faut dire que la région de Terrebonne-Mascouche, au nord-est de Montréal, est bien servie dès le départ, puisque sa population est l'une des plus jeunes du Québec.

Le répertoire du CLD compte 239 entreprises. En le consultant de plus près, on constate qu'une centaine d'entre elles emploient... une personne ! Bien sûr, on y trouve aussi des PME typiques, mais ces " TPE " (toutes petites entreprises) sont remarquables, tant par leur nombre que la diversité de leurs activités.

Air B Tech vend des équipements de ventilation, d'humidification et de filtration; 007_5 offre un service d'investigation; AlimSolution propose des services de formation et de consultation en hygiène et salubrité alimentaire ; Alizé Ressources humaines fait de même, mais dans le secteur du recrutement; Ambiance et nature se spécialise dans le design en aménagement paysager. On pourrait ainsi en énumérer bien d'autres, car nous n'en sommes qu'aux premières pages du répertoire !

Comme c'est maintenant la norme, plusieurs de ces " TPE " gonflent régulièrement leur effectif en faisant appel à d'autres travailleurs autonomes le temps d'un mandat, et tout ce monde s'amalgame pour mener à bien la tâche avant de repartir chacun de son côté.

Est-ce toujours facile ? Non. L'incertitude est constante. Et il faut parfois trimer dur pour convaincre un banquier sceptique.

Mais quand même, il n'est pas commode non plus de rentrer au boulot le matin en se demandant ce que le patron a derrière la tête, ou comment on va être touché par des décisions prises à l'autre bout de la terre. La sécurité qu'offre l'appartenance à un groupe se paie.

En matière de travail, il n'existe pas de formule miracle. Les fonceurs sont admirables, et les employés qui s'acquittent bien des responsabilités que leur supérieur leur a confiées le sont tout autant.

Sauf que cette abondance de jeunes entreprises est très réconfortante, au moment où toute une génération de baby-boomers s'apprête à passer le relais en se demandant s'il y a quelqu'un derrière.

Ceux qui suivent n'ont peut-être pas l'ambition d'être les prochains Bombardier ou Jean Coutu, mais il suffit de parler aux jeunes que j'ai croisés lors de cette Journée de l'entrepreneuriat pour réaliser qu'ils ne sont pas du genre à rêvasser ou à se traîner les pieds.

Peut-être auraient-ils aimé, ou aimeraient-ils encore, joindre une multinationale qui leur confierait des missions stratégiques aux quatre coins de la planète. Mais gagner sa vie en veillant au mieux-être de ses voisins, que ce soit en aménageant leur intérieur ou en réglant des conflits interpersonnels, est également valorisant. Surtout quand on signe son propre chèque de paie et qu'on n'a pas besoin d'ouvrir son journal pour savoir quel sort nous a réservé un lointain siège social.

Chapeau à tous ces entrepreneurs qui n'ont pas froid aux yeux !

DE MON BLOGUE

(sur www.lesaffaires.com)

Visa vise juste en anglais : L'entreprise exclut les habitants du Québec de son premier appel public à l'épargne.

" D'autres solutions existent pour signifier son mécontentement à Visa : ne pas se servir de sa carte par exemple, en utilisant plutôt sa carte de débit, ou encore faire ses emplettes en payant avec de l'argent. Oui, oui, de l'argent en papier. Ou bien passer à MasterCard... Le pouvoir est dans les mains du consommateur, mais lui seul l'ignore. "

- Jean-François Chicoine

rene.vezina@transcontinental.ca

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