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Avec un passé peu reluisant, seul l'espoir d'une amélioration notable de son rendement peut justifier l'achat du titre de Petro-Canada (Tor., PCA, 50 $) plutôt que celui de toute autre pétrolière intégrée concurrente. Oui, l'ancienne société d'État a procuré un rendement boursier de 108 % depuis cinq ans, mais c'est bien peu comparativement au rendement de 420 % de Husky Energy (Tor., HSE, 42 $) et de 260 % de la Compagnie pétrolière Impériale (Tor., IMO, 50,68 $).
Le récent rachat d'un programme de couverture est le genre de transaction qui explique cette sous-performance boursière. Lors de l'achat du gisement de pétrole Buzzard en mer du Nord en mai 2004, au coût de 1,15 milliard de dollars (G$), Petro-Canada a protégé son investissement en fixant à 26 $ US le baril le prix de la moitié de sa production de pétrole du gisement.
À peine quatre ans plus tard, la résiliation du contrat de couverture oblige la société à racheter 30,7 millions de barils de pétrole au prix de 83 $ le baril. La perte nette avant impôts atteint 1,67 G$, soit 3,50 $ par action de Petro-Canada.
Un rendement du capital inférieur à la moyenne
En outre, l'efficacité de l'exploitation laisse à désirer depuis longtemps.
Son rendement du capital utilisé atteindra 20 % en 2007, selon les prévisions de BMO Marchés des capitaux, bien en-deçà du rendement moyen de 26 % des pétrolières intégrées nord-américaines et de celui de 38 % de l'Impériale.
Il n'est donc pas surprenant que le marché paie seulement 9,5 fois (moyenne de 12,5 fois pour l'industrie) son bénéfice par action de 5,23 $ prévu en 2008, et seulement 4,8 fois (moyenne de 7,5 fois pour l'industrie) ses fonds autogénérés de 10,36 $ l'action.
Investissements dans le raffinage et la production
Petro-Canada a amorcé en 2004 un programme d'investissement dans ses raffineries de Montréal et d'Edmonton, qui totalisera près de 3 G$ d'ici 2010. La société veut augmenter leur capacité de traitement du pétrole lourd et sulfuré, intégrer la production croissante de ce pétrole provenant de ses exploitations de sables bitumineux, et fabriquer davantage le diesel à faible teneur en soufre.
Les experts prévoient que la production pétrolière et gazière de Petro-Canada diminuera de 1 % à 420 000 barils d'équivalent de pétrole par jour en 2008, après avoir augmenté de 15 % en 2007.
Petro-Canada dispose de ressources évaluées à près de 10 milliards de barils et prévoit consacrer 4,1 G$ en 2008 pour les exploiter.
Petro-Canada accentue ses investissements internationaux, entre autres en Libye, et dans les régions pionnières canadiennes afin de contrer le déclin de ses exploitations de l'Ouest canadien.
Des cibles variant entre 60 et 70 $
Randy Ollenberger, analyste chez BMO, croit que le titre de Petro-Canada représente une bonne valeur et mise sur une hausse de ses ratios boursiers, lesquels resteront inférieurs à ceux des concurrentes. Sa cible d'un an est de 60 $.
" La société devra augmenter ses activités dans les sables bitumineux, tout en affichant de solides bénéfices dans le secteur du raffinage et de la mise en marché ", explique M. Ollenberger.
Gordon Gee, analyste chez RBC Marchés des capitaux, attend lui aussi une rentabilité accrue grâce aux travaux d'amélioration attendus dans le secteur du raffinage. " Les améliorations de la raffinerie de Montréal pourraient augmenter ses fonds autogénérés d'environ 300 millions de dollars par année ", dit M. Gee.
Tout en rappelant les risques liés à l'exploitation des sables bitumineux, aux investissements internationaux, à la fluctuation de la production du gisement Syncrude, il recommande l'achat du titre en ciblant un cours de 64 $.
Pour sa part, Andrew Potter, analyste chez UBS, vient d'augmenter de 1 à 4 % ses prévisions de croissance annuelle de la production pour 2008 à 2012. Sa cible de 12 mois s'établit à 70 $. " La hausse de la production provenant de ses projets libyens arrivera juste à temps pour combler le déclin provenant de son gisement Buzzard ", dit M. Potter.
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