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Pourquoi ce livre ? Si vous êtes du genre à vous demandez ce qui vous rend heureux ou malheureux, Et si le bonheur vous tombait dessus est un livre pour vous. Ne vous y méprenez pas, il ne s'agit pas d'un livre de recettes sur le bonheur. Le lecteur a plutôt entre les mains un traité sur les mécanismes de l'imagination dont les affirmations sont rigoureusement appuyées par des résultats tirés de centaines d'expériences.
Au terme de la version française de Stumbling on Hapiness, vous saurez désormais pourquoi il ne faut pas vous fier totalement à votre imagination pour fantasmer votre avenir tout en ayant fort à faire pour éviter de tomber dans le piège.
Qui est l'auteur ?
Daniel Todd Gilbert est professeur à l'Université Harvard. Grand communicateur de la psychologie sociale, il écrit autant dans les magazines spécialisées que les médias de masse comme New York Times ou Forbes.
Les idées fortes
Considérons par exemple la croyance voulant qu'avoir des enfants rend heureux. Tous les parents vous le diront, moi le premier.
Des résultats aux tests psychologiques démontrent que le bonheur des couples heureux se met à piquer du nez à l'arrivée du premier rejeton. L'insatisfaction grandit et atteint son comble quand les ados règnent en maîtres dans la maison. Les jours heureux reviennent seulement quand le dernier Tanguy se pousse pour de bon du nid familial. Méchant bonheur !
Alors pourquoi continue-t-on de répéter qu'avoir des enfants rend heureux ? C'est que l'humain est le seul être vivant à imaginer l'avenir. Et il ne s'en prive pas : " 12 % de nos pensées quotidiennes sont en rapport avec l'avenir ", rapporte l'auteur.
D'où vient ce souci du lendemain ? Parce que le bonheur est entre nos mains, répond l'universitaire. On décide où l'on demeure, ce qu'on fait dans la vie et avec qui on veut la partager. Jadis, l'humain n'avait pas ces choix.
En passant, Daniel Todd Gilbert souligne que cette faculté d'imaginer nous est donnée par le lobe frontal, situé à l'avant, au-dessus des yeux. Le lobe frontal est la région du cerveau qui a pris le plus de volume depuis l'apparition de l'homme, souligne l'auteur.
Imaginer l'avenir pose problème, car notre imagination passe son temps à raconter des salades sans qu'on s'en aperçoive.
L'imagination a trois faiblesses, soutient le spécialiste. Premièrement, elle n'est pas une représentation exacte de la réalité, elle omet ou transforme des détails sont omis ou remplacés. Deuxièmement, le présent teinte notre représentation de l'avenir. Et finalement, l'imagination ne dit pas comment on se sentira une fois que l'on y sera, seulement comment on pense aujourd'hui se sentir demain. Par exemple, l'humain a tendance à dramatiser les conséquences d'une malheur et à surestimer la durée du bonheur suivant un clin d'oeil du destin.
Bref, l'imagination ne livre pas des photos détaillées, mais des tableaux impressionnistes, teintés par le présent et les croyances.
Bien qu'agréable, cette disposition à imaginer demain s'avère inefficace pour prévoir le bonheur d'un homme et d'une femme en réaction à un événement futur. Une solution plus fiable, selon l'auteur, consiste à demander ce qu'elle ressent à une personne qui est en train de vivre l'expérience en question.
Peu de gens y ont recours pourtant, parce qu'ils se croient différents. Or, on est tous pareils, sauf pour des détails, rétorque l'auteur.
Ce que l'on en retire
Le livre refermé, le lecteur ne sera pas plus heureux qu'au départ. Ce n'est pas le but de l'ouvrage. " Mais si le cerveau ne nous permet pas d'entrer dans l'avenir d'un pas assuré, il nous permet au moins de comprendre ce qui nous fait chanceler. "
Est-ce utile pour autant ? Comprendre permet au moins d'éviter des choix malheureux.
andre.dubuc@transcontinental.ca