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Le tour du monde, pour changer le monde


Pourquoi ce livre ?

Bien souvent, le mouvement environnemental n'a que de mauvaises nouvelles à clamer. Lorsqu'on examine les scénarios sur le réchauffement de la planète, on devient vite démoralisé tout en se sentant impuissant devant cette apocalypse annoncée.

The Geography of Hope procure l'effet contraire. Dans ce livre, l'auteur démontre non seulement qu'il y a de l'espoir, mais que cet espoir peut être rentable.

Chris Turner relate une quinzaine d'initiatives de développement durable dans le monde entier qui sont devenues des succès économiques dans les communautés les ayant mises en place.

L'île danoise de Samso, par exemple. En 1997, ses 4 000 habitants faisaient appel à l'énergie fossile pour combler 92 % de leurs besoins en électricité et 85 % en chauffage. Huit ans plus tard, la communauté s'était complètement libérée de cette dépendance grâce à une combinaison d'éoliennes, de panneaux solaires et de paille comme combustible.

Un autre beau cas : les maisons Earthship, construites à Taos, au Nouveau-Mexique. Elles sont complètement indépendantes des réseaux d'électricité, de chauffage et d'aqueduc. Elles génèrent leur chauffage et éclairage, recyclent, réutilisent l'eau de pluie et n'émettent aucun CO2. Elles sont bâties avec des pneus usés, de la terre et des canettes vides, lesquels emprisonnent une masse thermique qui permet de garder à l'intérieur de la maison une température acceptable, dans une fourchette maximum de 10 degrés, peu importe la température extérieure. Leur coût moyen de construction est de 150 000 $ US. On en trouve maintenant en Belgique, en Colombie-Britannique, en Écosse et à Sainte-Lucie, dans les Antilles.

En Inde, grâce à du microfinancement, une entreprise d'énergie solaire a permis à des villages de ne plus dépendre d'un réseau électrique largement défaillant. Au Danemark, dans un parc industriel, un groupe d'usines s'est regroupé pour échanger leurs déchets et produits dérivés et devenir ainsi plus efficaces dans leur consommation d'énergie.

Qui est l'auteur ?

Chris Turner est un journaliste de Calgary. Lorsque sa fille est née, il a voulu trouver des pistes d'espoir pour la planète. Il a pris un congé d'un an et est parti avec sa conjointe et son enfant faire le tour du monde à la recherche de façons durables de vivre. Il y en a partout, dans les endroits les plus prévisibles, comme au Danemark et en Allemagne, et les plus improbables, comme en Inde et en Thaïlande.

Les idées fortes

Vous vous souvenez du livre Small is Beautifull, de E.F. Schumacher, publié en 1973 ? Chris Turner en reprend la thèse dans The Geography of Hope. Il est convaincu de la sagesse des initiatives à l'échelle locale. Selon lui, c'est cette approche qu'il faut privilégier lorsqu'on veut mettre en place la génération d'énergie renouvelable. " Il y a encore de la place pour les projets industriels à grande échelle (...), mais les initiatives d'énergies renouvelables sont plus efficaces lorsqu'elles sont décentralisées, quitte à être rattachées à une plus stratégie énergétique nationale ", écrit-il.

Ces initiatives n'ont rien d'utopique. Elles utilisent des technologies existantes et peuvent être implantées à peu près n'importe où. Et elles sont socialement révolutionnaires. Comme l'explique Turner, ces initiatives sont parties " de bas en haut, et non de haut en bas ". L'auteur explique comment on a rallié les habitants de Samso non pas avec de grands discours politiques, mais autour d'une bière gratuite et d'une machine à jus de pommes, comme si on discutait des affaires courantes du village.

Ce que l'on en retire

La grande leçon de The Geography of Hope, c'est qu'il faut changer notre façon de comptabiliser nos dépenses et nos investissements. Il faut revoir le modèle économique qui consiste à accorder la valeur zéro aux ressources naturelles dans le calcul des facteurs de production. Ne plus penser qu'on peut croître à l'infini alors que ces ressources ne sont pas infinies. Selon Chris Turner, la durabilité - définie comme un mode vie basé sur la permanence - doit être aussi importante aujourd'hui que l'a été le concept de démocratie lorsqu'il est apparu. C'est ainsi que l'on transformera le désespoir en espoir.

suzanne.dansereau@transcontinental.ca

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