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" Fiez-vous à Robert Després ! " On aurait pu entendre cette exclamation de Richard Drouin, président du jury Korn-Ferry/Commerce, il y a 10 ans, lorsque Cominar, l'une des plus importantes sociétés immobilières du Québec, est devenue publique.
Dès ses débuts en Bourse, l'entreprise se montre soucieuse de gouvernance grâce, entre autres, à Robert Després. Ce dernier, entré au conseil de Cominar en 1998, en est devenu président huit ans plus tard. Il faut dire qu'à 83 ans, l'homme en a vu d'autres. Sa réputation d'excellence le précède.
D'ailleurs, en 2006, il a été choisi " Administrateur émérite " à ce concours pour l'ensemble de sa carrière. De l'avis même de Robert Després, la plus importante réalisation de Cominar au chapitre de la régie est " la mise en place d'une équipe de fiduciaires indépendants qui a adopté les principes de gouvernance préconisés par la Bourse de Toronto ".
Parmi ces fiduciaires se trouvent Michel et Alain Dallaire, respectivement président et chef de la direction et vice-président des opérations commerciales. Forte d'un portefeuille de quelque 205 immeubles de bureaux, commerciaux et industriels, Cominar est une entreprise familiale, détenue à 20,2 % par les Dallaire. Mais les intérêts familiaux n'interfèrent en rien avec la gouvernance, affirme le président du conseil. " La famille Dallaire a toujours été transparente. Elle a toujours mis ses intérêts de côté pour se concentrer sur ceux des actionnaires ", ajoute Robert Després.
Les Dallaire, ainsi que Michel Paquet, vice-président des affaires juridiques, sont les trois administrateurs qui ne sont pas indépendants au conseil de Cominar, qui compte neuf membres en tout. Est-ce suffisant ? " Cela me satisfait, répond Robert Després. L'important, c'est d'être indépendant d'esprit, c'est-à-dire de toujours penser à la société et aux actionnaires. Et c'est ce que font tous nos administrateurs, sans exception. "
Toutefois, seuls les membres indépendants peuvent siéger aux comités de Cominar. " Cela correspond aux meilleures pratiques, tant sur le plan des obligations que sur le plan des recommandations de l'Autorité des marchés financiers ", explique le président. En plus des comités que l'on trouve habituellement dans toute société publique, soit la vérification, la rémunération et la gouvernance, Cominar a mis sur pied l'an dernier un comité d'investissement.
Pour une entreprise qui gère déjà 17 millions de pieds carrés répartis dans divers immeubles à Québec, Montréal et Ottawa, et qui continue de faire des acquisitions, ce comité supplémentaire était une nécessité. Ses membres visitent les terrains, analysent les projets et présentent leurs rapports au conseil. Ce comité n'a pas chômé depuis sa création, car Cominar a ajouté 67 immeubles à son portefeuille au cours des neuf premiers mois de 2007 seulement !
Une des plus récentes transactions a été l'achat de 72 % du Fonds de placement immobilier Alexis Nihon, en juin dernier. L'acquisition a totalisé 592 millions de dollars, et elle a marqué positivement les résultats des deuxième et troisième trimestres pour Cominar. Cependant, la croissance de la société immobilière ne repose pas uniquement sur les acquisitions. " Nous misons aussi sur la croissance organique, en construisant des immeubles à bureaux ou industriels ", précise Robert Després. Nul doute que Cominar a le vent dans les voiles. "
C'est toujours passionnant quand une société progresse à la mesure de ses moyens financiers et humains, et quand elle planifie bien sa croissance ", estime le président du conseil. Est-il plus facile d'administrer une entreprise qui va bien qu'une société qui éprouve des difficultés ? Robert Després n'est pas prêt à l'affirmer : les défis à relever sont simplement différents. " Dans une société en bonne santé, il faut s'assurer que la progression se poursuit. Dans une société qui se porte moins bien, il faut cerner les causes du problème et lui permettre de remonter la pente ", estime-t-il.
Mais manifestement, le redressement d'entreprise ne fait pas peur à ce président de conseil, car il en a eu son lot. Il a opéré le sauvetage du détaillant ontarien Campeau Corporation et de l'emblématique Cinar. Dans les deux cas, il s'agissait de revaloriser l'entreprise pour mieux la vendre. Toutefois, quelle que soit sa situation financière, une entreprise qui a une bonne gouvernance possède une longueur d'avance. Chez Cominar, la régie s'appuie sur trois principes : la transparence, l'intégrité et l'honnêteté. " Elles sont incontournables, c'est le fondement de tout le reste ", croit Robert Després.
Cependant, il accorde aussi beaucoup d'importance au rôle que joue la communication dans la gestion et la régie d'entreprise. D'ailleurs, au cours des années à venir, il faudra établir de meilleurs liens de communication entre la direction et le conseil. Il fonde ses affirmations sur les résultats d'une récente enquête selon laquelle la moitié des entreprises ne sont pas satisfaites de leur conseil d'administration ! "
Peut-être que la direction perçoit mal le rôle du conseil, qu'elle se sent frustrée parce qu'elle croit qu'il veut gérer à sa place, avance l'administrateur. Il faut vraiment améliorer la communication entre les deux. " Cominar ne semble pas faire face à ce problème. " La communication est bonne et nous avons une direction solide. En somme, je suis très optimiste pour l'avenir ", résume le président de la société. Et comme " on peut se fier à Robert Després ", voilà qui en confortera beaucoup.