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Les pièges du Web 2.0

Le Web 2.0, avec les réseaux sociaux comme Facebook, les forums de discussion et les blogues, peuvent amener les internautes à enfreindre les règles de confidentialité de leur entreprise et le droit à la vie privée.

" Les entreprises, mais aussi les employés, peuvent craindre les effets du partage d'information effectué sur ces sites ", déclare Daniel Leduc, avocat en droit du travail chez Ogilvy Renault.

Une plateforme publique

Vincent Gautrais, professeur de droit et titulaire de la Chaire en droit de la sécurité et des affaires électroniques de l'Université de Montréal, se fait toutefois rassurant. " La puissance du Web 2.0 est bien réelle. D'un autre côté, il ne faut pas délirer. Il y a beaucoup plus de danger de paraître ridicule sur le Web que de faire quelque chose d'illégal. "

Le problème réside surtout dans l'insouciance des internautes. Beaucoup ne réalisent pas que le Web est un lieu public. " Ils ont l'impression d'être seuls dans leur sous-sol. Ils n'ont pas conscience qu'ils sont en train de dévoiler des renseignements sur leur entreprise, sur des personnes ou sur des produits qui sont confidentiels ", explique-t-il.

Daniel Leduc confirme : la majorité des dossiers qu'il traite mettent en cause des travailleurs qui, de bonne foi, ont divulgué sur Internet des renseignements confidentiels à propos de leur patron.

En effet, des employés, notamment dans le secteur des technologies de l'information, fréquentent des forums d'entraide pour résoudre les problèmes qu'ils rencontrent au travail. " Sans mauvaise intention, ils informent les participants des endroits où le système informatique et les logiciels de leur employeur peuvent être vulnérables ", explique M. Leduc.

Une politique préventive

Pour une entreprise, il est vain de tenter de contrôler toute l'information diffusée à son sujet dans Internet. Elle peut toutefois sensibiliser ses employés aux risques que présente le Web.

M. Leduc préconise l'établissement d'une politique claire sur l'utilisation des technologies de l'information.

L'employeur y indique les interdictions, comme celle de communiquer des renseignements sur l'entreprise dans un forum de discussion.

Les employés sont donc informés des limites à ne pas franchir et des sanctions auxquelles ils s'exposent en cas de manquement.

" Les contrats d'embauche contiennent généralement des clauses de confidentialité. Elles tendent à s'étendre à d'autres éléments avec la capacité d'autopublication que le Web 2.0 procure aux internautes ", souligne Vincent Gautrais.

Pour favoriser les échanges

Chez CGI, le Web 2.0 est davantage perçu comme une possibilité d'échange d'expertise plutôt que comme un danger. La firme-conseil en technologies de l'information encourage ses employés à échanger avec les outils du Web 2.0.

" Nous avons des réseaux à l'interne avec des blogues, des wikis et des babillards où les employés peuvent proposer des idées ", souligne Lorne Gorber, vice-président, communications et relations avec les investisseurs.

Les directives sont claires. Les employés doivent renouveler chaque année leur engagement à respecter le code d'éthique de CGI.

Par exemple, il est interdit de divulguer des renseignements concernant les stratégies d'expansion, les résultats financiers et la liste des clients.

" Un employé ne peut pas, sans autorisation, créer un site ou un blogue à l'externe en se présentant comme un employé de CGI et donner son opinion sur différents sujets ", mentionne M. Gorber.

CGI préfère centraliser l'information dans son site Internet. Elle est toutefois ouverte à travailler en collaboration avec les employés qui prennent ce genre d'initiative.

dossiers@transcontinental.ca

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