Accueil >> Dossiers >> Grand enjeux mobilisation >> Détail d'article - mobilisation
Mauvaise nouvelle pour les gestionnaires des entreprises québécoises : ils ne savent pas mobiliser leurs employés, selon Secor.
Ceux-ci trouvent leur propre motivation dans la relation qu'ils entretiennent avec les clients et leur responsabilisation dans le travail qu'ils accomplissent. Par ailleurs, l'état de la mobilisation est meilleur dans les PME que dans les grandes entreprises.
C'est ce qui ressort d'une enquête récente menée par la firme de consultants Secor, de Montréal, auprès de 34 382 répondants oeuvrant dans 43 entreprises québécoises de 12 secteurs d'activité. Les personnes sondées sont des employés, des gestionnaires et des spécialistes.Selon Philippe Collas, directeur principal chez Secor, un tiers des répondants est très mobilisé, mais un quart est démobilisé. C'est une situation qui est improductive et qui, selon le chercheur, devrait être corrigée.
Facteurs de mobilisation
Les personnes engagées trouvent leur motivation (ou source de mobilisation) dans quatre composantes : l'autonomie, l'aisance de la relation avec le client, la valorisation que ces personnes se donnent dans l'exécution de leur travail et la collaboration avec les autres membres de l'équipe.
Selon M. Collas, la mobilisation individuelle des employés est positive pour l'entreprise, mais cela ne veut pas dire que ces employés servent bien les objectifs de l'entreprise. Leur implication n'est pas optimale puisque ceux-ci ne connaissent peut-être pas l'orientation stratégique de leur entreprise, ignorent peut-être la dynamique du marché dans lequel oeuvre leur employeur et ne sont pas peut-être pas familiers de l'organisation du travail dans leur entreprise. Selon le chercheur, bien que ces employés aiment leur travail, ils pourraient même être inefficaces!
"Les employés pensent donner un sens à leur travail, mais ils peuvent être à côté de la plaque. Ce qui manque, explique M. Collas, c'est l'alignement stratégique des employés avec les objectifs de l'entreprise, que les gestionnaires négligent trop souvent de leur communiquer."
Indice de mobilisation
Pour mesurer la mobilisation des employés, Secor a conçu un indice de mobilisation en entreprise.
Cet indice est illustré par un thermomètre dont l'échelle va de -40 à +80. Un indice inférieur à zéro traduit une situation de sous-mobilisation, alors que la mobilisation s'accroît avec l'indice.
Pour la présente enquête, l'indice de mobilisation des employés s'est établi à 22, ce qui est au début de la zone d'accélération. Sans être désastreuse, la situation a besoin d'être améliorée.
Autre observation intéressante, l'indice varie considérablement entre les trois groupes de personnes consultées : les employés de la base, les gestionnaires et les spécialistes.
Des trois groupes, ce sont les gestionnaires qui sont les plus mobilisés, avec un indice de 37. Ils connaissent les objectifs de leur entreprise et ils sont par conséquent mieux alignés sur ceux-ci. Les employés sont les moins mobilisés, avec un score de 19. Quant aux spécialistes et aux professionnels, leur indice est de 21. Ces écarts sont normaux, explique M. Collas, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faille pas chercher à les réduire.
Les employés de la base obtiennent un score de 5 pour l'alignement stratégique, ce qui veut dire qu'un grand nombre d'entre eux ne connaissent pas la vision stratégique et les objectifs de leur entreprise. Par contre, ils ont des indices de 28 pour leur vision client et la responsabilisation.
Les employés, laissés pour compte
D'autre part, les employés se sentent peu considérés (indice de 9), ce qui veut dire que la direction et les gestionnaires ne se préoccupent pas beaucoup de cette dimension importante de la gestion. De toute évidence, les gestionnaires québécois, et en particulier les gestionnaires de premier niveau, ont beaucoup à apprendre sur le plan de la mobilisation : transmission de la vision et des objectifs de l'entreprise à leurs employés, communication, considération à leur donner, reconnaissance pour leurs efforts.
Naturellement, les indices sont meilleurs pour les gestionnaires : 28 pour l'alignement stratégique, 44 pour la vision client, 39 pour responsabilisation et 32 pour la considération, ce qui veut dire que la haute direction se préoccupe de les récompenser pour leur travail. Malheureusement, les gestionnaires n'agissent pas de même à l'égard de leurs employés.
Quant aux spécialistes, ils se retrouvent entre les deux autres groupes, avec des indices de 27 pour la vision client, de 40 pour la responsabilité et de 15 pour la considération. Mais ils affichent un score de -3 pour l'alignement stratégique, ce qui veut dire qu'ils sont laissés de côté par leurs gestionnaires. Leur niveau de responsabilité et leur désir de bien servir les clients les mobilisent, mais ils ne reçoivent pas plus de considération que les employés de la base et ils ne sont pas mieux informés de la vision stratégique et des objectifs de l'entreprise.