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Série Les Grand Enjeux Secor / Les Affaires

 
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Le gestionnaire fait toute la différence

  • Carole Le Hirez
  • 5 avril 2008

Les gestionnaires ont un rôle primordial à jouer pour améliorer la mobilisation au sein des entreprises. "Près de 58 % des employés disent avoir de grandes ambitions professionnelles. Or, seulement 36 % estiment avoir des possibilités d'avancement au sein de l'entreprise qui les emploie. Manifestement, on passe à côté de belles occasions de mobiliser les troupes", estime Jean-Rémi Mayrand, associé chez Towers Perrin.

 

Une étude mondiale réalisée par Towers Perrin en 2007 montre que les salariés aimeraient contribuer davantage, mais que seulement 23 % sont pleinement engagés envers leur organisation.

À qui la faute? "La mobilisation est un devoir éthique du gestionnaire. La façon dont il s'en acquitte a un effet direct sur l'engagement des employés", estime Mireille Doré, conseillère au Groupe CFC et spécialiste de la relève chez les gestionnaires.

Être visionnaire

"Montrez-moi une équipe dysfonctionnelle et je vous montrerai le gestionnaire qui en est la cause", dit Ghyslain Lévesque, coach d'affaires chez Galilée Formation.

Consultant auprès de divers types d'entreprises, il a l'habitude de débusquer les grains de sable dans l'engrenage des organisations. "Certains gestionnaires se contentent de faire des choix faciles à court terme plutôt que de relever la tête pour voir l'impact de leurs gestes", constate-t-il.

La vision, cette capacité à avoir à la fois la tête dans les nuages et les pieds solidement ancrés dans ses dossiers, est l'atout principal du gestionnaire mobilisateur. Les maîtres mots sont : transparence, ouverture et communication.

"Le gestionnaire mobilisateur vient vous chercher, il vous embarque, vous intéresse. Il souligne toujours les bons coups à son équipe. Il est curieux, pose des questions et sait bien utiliser les talents", dit Alain Reid, associé chez SPB Psychologie organisationnelle.

Dictature ou laisser-faire

À l'inverse, il n'y a rien de plus démobilisateur qu'un vice-président autocratique, qui centralise les décisions.

"Un tel gestionnaire manque de vision et de confiance. Dès qu'il y a un problème, il trouve lui-même la solution. Il pense tout savoir, parce qu'il est le patron, et consulte très peu les personnes autour de lui", explique M. Lévesque.

Tout aussi inefficace est le dirigeant qui cultive le laisser-faire. "Si les employés sentent qu'il y a de l'injustice ou des privilèges, ils tendent à se désengager. Un gestionnaire qui a de la difficulté à encadrer les employés qui ne performent pas démobilise le reste de l'équipe", note Mme Doré.

La motivation, une question de qualité

Comment fouetter le moral des équipiers et les amener à trouver une plus grande satisfaction dans l'accomplissement de leur rôle?

La recherche universitaire en éducation décortique depuis des années les ingrédients de la motivation au travail.

Selon Jacques Forest, professeur au Département d'organisation et ressources humaines de l'Université du Québec à Montréal, on connaît bien les ingrédients qui animent la motivation : le besoin d'une certaine autonomie, de se sentir efficace et de s'identifier à des valeurs communes.

Il demeure qu'on applique peu ces connaissances dans les pratiques de gestion.

"On a tendance à considérer que la motivation est seulement une question d'intensité; mais elle varie aussi en qualité. Or, c'est le type de motivation mis en branle qui va avoir un impact."

Un fort absentéisme, un taux de roulement élevé sont des signes qui devraient mettre la puce à l'oreille quant aux défaillances d'un style de gestion. Des problèmes qui ont des effets non seulement sur les activités, mais aussi sur les finances de l'entreprise.

D'après Towers Perrin, un engagement élevé du personnel peut faire croître de plusieurs points de pourcentage la marge d'exploitation et le bénéfice net de l'entreprise et, au contraire, ceux-ci peuvent être faibles si les employés sont peu mobilisés.

Gestionnaires sous pression

Les gestionnaires n'ont pas la tâche facile. Leur talon d'Achille : ils ont souvent de fortes compétences techniques, mais sont peu habiles dans les relations humaines.

"Les gens sont promus car ils sont d'excellents financiers, ingénieurs ou actuaires. Un des grands défis consiste à s'assurer qu'ils ont les compétences pour gérer des personnes, et cela passe souvent par de la formation", indique M. Mayrand.

Un autre piège qui guette le gestionnaire dans son rôle mobilisateur réside dans le manque de temps.

"Il faut être Superman ou Superwoman. Les gens sont coincés dans le temps et chargés de plus de responsabilités qu'ils ne peuvent en assumer, dit Alain Reid.

"Dans le feu de l'action, il est facile d'oublier de s'arrêter pour prendre le temps de mobiliser son équipe. On court alors le risque de se distancer de ses troupes. "

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