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Série Les Grand Enjeux Secor / Les Affaires

 
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  Votre entreprise passe-t-elle le test de la mobilisation?
 
 

Contrairement aux idées reçues, la génération Y ne demande qu'à vous suivre

  • Michel De Smet
  • 5 avril 2008

On les dit indépendants, impatients, pleins d'exigences professionnelles. À priori, les employés de la génération Y ne sont pas des plus faciles à mobiliser. Mais pour Tania Saba, professeur à l'École des relations industrielles de l'Université de Montréal, il faut s'affranchir des aprioris et ne pas sauter trop vite aux conclusions.

"Prétendre que les priorités professionnelles de la génération Y sont très différentes de celles de leurs aînés est inexact, affirme-t-elle. Par exemple, la conciliation travail-famille est une valeur commune à tous les travailleurs qui ont des enfants. Une entreprise qui met en place des mesures qui facilitent la vie de ses employés à ce chapitre a de bonnes chances de créer un effet mobilisateur dans l'ensemble de son organisation."

Selon Mme Saba, qui étudie les impacts intergénérationnels en milieu de travail depuis plusieurs années, les employeurs qui instaurent des mesures améliorant l'employabilité de leurs travailleurs bénéficient généralement d'un personnel plus fidèle, quel que soit son âge. "Cela peut étonner, puisque les jeunes Y passent pour être beaucoup plus attentifs aux programmes de développement de carrière offerts par leur employeur que leurs aînés. Mais il faut tenir compte que, de nos jours, beaucoup de travailleurs dans la cinquantaine souhaitent rester le plus tard possible en emploi et veulent eux aussi relever des défis plus stimulants", commente Mme Saba.

Un heureux mélange de jeunesse et d'expérience

Pour Annie Marceau, membre de l'équipe de performance organisationnelle chez SPB Psychologie organisationnelle, un cabinet-conseil connu auparavant sous le nom de Société Pierre Boucher, les entreprises devraient davantage tirer profit du mélange de jeunes talents et d'employés d'expérience. "Les jeunes apportent leur dynamisme et leur créativité. Mobiliser ses troupes, c'est construire une culture inclusive dans laquelle les complémentarités des talents des Y et du savoir-faire de leurs aînés sont mises de l'avant."

Mme Marceau estime que les entreprises ont tout avantage à faire collaborer étroitement des employés de cultures et d'âges différents. "Les conflits naissent souvent d'idées tout aussi fausses que préconçues, qui s'estompent quand les gens travaillent en équipe et apprennent à se connaître. Les plus jeunes ne demandent qu'à développer un sentiment d'appartenance à leur orga- nisation, à condition que cette dernière leur en donne l'occasion."

Comme la génération Y a du mal à s'adapter à une hiérarchie pesante, Mme Marceau suggère de miser sur une relation de grande proximité entre les gestionnaires et leurs jeunes employés. "Le plus souvent, un fort degré de mobilisation est atteint lorsque les cadres adoptent un style managérial proche du coaching ou du mentorat", fait-elle remarquer.

Mobiliser autrement

Absolunet offre à ses Y des mandats avec des responsabilités croissantes. À 37 ans, Martin Thibault préside aux destinées de la société Absolunet, spécialisée en développement d'applications Web et en service-conseil en réseaux informatiques.

Installée à Montréal et à Boisbriand, l'entreprise compte une cinquantaine d'employés. "Un heureux mélange de personnes de tous âges, dont de très jeunes talents de la génération Y ", résume-t-il.

Selon ce dirigeant, les jeunes employés ont d'excellentes aptitudes pour le travail en équipe. Ce mode de fonctionnement est d'ailleurs privilégié dans son entreprise; le personnel travaille en petits groupes sur des mandats précis. "Mes Y souhaitent que les communications de l'entreprise soient faites de la manière la plus transparente possible. Ils apprécient aussi que les échanges soient très personnalisés. C'est important pour eux d'obtenir un maximum de feedback quant à leurs réalisations. À leurs yeux, il est particulièrement motivant d'enchaîner des mandats avec des responsabilités croissantes", ajoute M. Thibault, qui est également président du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec.

Il reconnaît que ses plus jeunes employés se distinguent du reste du personnel, en apparence tout au moins. Ils ne veulent pas être cantonnés au "9 à 5" et ils attachent beaucoup d'importance à leur qualité de vie. "Et pas question pour certains d'enlever leur tuque au travail. Je vois ça comme une emblème de leur génération que je m'efforce de respecter", ajoute M. Thibault, compréhensif.

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