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Taux élevés d'absentéisme et de présentéisme, désengagement du personnel, conflits, tensions et autres froids entre les employés, surcharge de travail, manque de soutien, de reconnaissance ou d'engagement : voilà quelques-uns des symptômes d'un climat de travail perturbé.
"Quand l'ambiance de travail est mauvaise, il est pro-bable que l'un ou l'autre de ces éléments en soit la cause, résume Natalie Bertrand, de Gestion Mieux-être. Ce sont d'ailleurs ceux qui dominent le palmarès des plaintes relevées par les services de ressources humaines."
Surcharge de travail
Une même somme de travail peut paraître très convenable à un employé compétent et motivé et sembler trop lourde à un autre employé moins bien formé ou désintéressé. "Au centre du débat se trouvent les gestionnaires, à qui on demande souvent de faire plus de travail avec moins de ressources", observe Geneviève Hervieux, consultante, conférencière et enseignante à HEC Montréal.
Il est facile de comprendre que les gestionnaires se retrouvent rapidement coincés entre les objectifs de rendement à atteindre et les demandes d'allégement de travail des employés.
"Il n'y a pas de solution facile à ce dilemme, soutient Mme Hervieux. Il faut trouver des solutions cas par cas et repenser les façons de faire et d'organiser le travail. Dans certains cas, il faudra mieux répartir le travail et dans d'autres, accorder plus d'autonomie aux employés. Les efforts créatifs pour concilier travail et famille sont un bon exemple de l'ouverture d'esprit nécessaire."
La hausse des coûts en assurances salaire et invalidité rappelle qu'il ne faut pas balayer la question de la surcharge de travail sous le tapis. Et les nombreux cas d'épuisement professionnel, en milieu hospitalier notamment, confirment qu'il y a des limites à ne pas dépasser.
Manque de soutien
Un autre facteur qui mine l'ambiance de travail est la perception qu'ont des employés de ne pas être suffisamment soutenus.
"Mon patron n'appuie pas mes projets. Il ne va pas au front pour moi." Voilà des réflexions assez fréquentes en milieu de travail. Alors, comment contrer cette perception de manque de soutien, par ailleurs souvent non fondée ?
"En donnant une rétroaction détaillée à l'employé concerné, suggère Geneviève Hervieux. Cela veut dire, par exemple, prendre le temps de lui expliquer pourquoi le projet qu'il a échafaudé n'a pas été retenu. Ainsi, la motivation de l'employé est maintenue et le lien gestionnaire-employé est renforcé."
Manque de reconnaissance
La reconnaissance qu'une organisation manifeste à ses employés est comparable à celle que reçoivent les joueurs d'une équipe de hockey de leur entraîneur. Ils ont besoin de conseils et d'encoura- gements pour réaliser leur potentiel. Sans signes d'approbation, il y a des chances qu'ils perdent progressivement leur motivation, ne se sentent pas appréciés et soient moins efficaces.
"Pensez à vos employés comme à des plantes (!) qui ont besoin d'eau pour vivre, affirme Natalie Bertrand. Sans encouragement ou témoi- gnages d'approbation, les employés perdent leur motivation au travail et se sentent mésestimés."
"Souvent, les employeurs pensent que donner des marques de reconnaissance coûte cher, explique Anne Bourhis, enseignante à HEC Montréal. Or, il n'en est rien, car les marques de reconnaissance les plus efficaces sont symboliques. Ce sont des signes d'encouragement comme "bravo, merci, bon travail, continue comme ça" ou simplement saluer les gens le matin, leur dire bonjour, rire avec eux."
Les travaux du professeur Jean-Pierre Brun, de l'Uni-versité Laval, confirment l'ampleur du problème. Ainsi, de 25 à 40 % des personnes interrogées dans diverses organisations affirment subir un manque important de reconnaissance au travail.
Ses recherches confirment qu'une meilleure reconnaissance au travail améliore la motivation, donne du sens au travail et favorise le développement personnel des employés. Pour l'entreprise, les effets positifs sont la rétention et la mobilisation accrues du personnel et une amélioration du climat de travail et de la productivité.
Manque de participation des employés
"Je ne suis pas consulté dans les décisions de l'entreprise. On ne m'informe pas. Vraiment, je ne suis pas dans le coup." Voilà des doléances typiques d'un employé désengagé, affirme Natalie Bertrand.
Employés et gestionnaires ont fréquemment des perceptions divergentes sur cette question. Les premiers disent souvent qu'on ne les fait pas assez pariciper, tandis que les seconds répliquent que plusieurs employés ne veulent pas participer davantage.
Où est la solution ? "En prenant le temps de dialoguer avec chacun des employés pour déterminer lesquels veulent s'engager davantage, répond Mme Hervieux. Cela demande du temps et de l'énergie de la part des gestionnaires, mais ça en vaut la peine, car çaLpermet de développer des relations solides avec les employés. Et aussi de mieux concilier les besoins de l'organisation et ceux des employés."