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Être nommé pdg d'une entreprise américaine, c'est gagner le gros lot

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Les excès dans la rémunération des dirigeants aux États-Unis atteignent des niveaux sans précédent.

Selon le classement annuel établi par le magazine Forbes, Larry Ellison, président du concepteur de logiciels Oracle, a été le mieux rémunéré l'année dernière, gagnant au total la jolie somme de 192,9 millions de dollars américains (M$ US). Près de 182 M$ US ont été obtenus à la suite de l'exercice d'options.

Au cours des cinq dernières années, M. Ellison a empoché au total de 428,6 M$ US.

Il est le principal actionnaire d'Oracle, dont il détient plus de 20 % des actions, un bloc valant plus de 20 milliards de dollars américains.

John A. Thain a été nommé président de Merrill Lynch le 1er décembre 2007. Cela ne l'a pas empêché de toucher 78,5 M$ US l'an dernier. Le rendement total des actionnaires en 2007 : - 47 % !

100 millions en cinq ans

Parmi les 25 plus hauts salariés américains recensés par Forbes en 2007, 18 ont gagné au total plus de 100 M$ US depuis cinq ans. Pendant cette période, le champion est Ray Irani, président et chef de la direction d'Occidental Petroleum, qui a gagné pas moins de 550,3 M$ US.

Le magazine illustre avec éloquence dans son reportage que devenir président d'une société cotée en Bourse aux États-Unis équivaut à gagner le gros lot à la loterie, sans égard au rendement de l'entreprise et à la compétence du gestionnaire.

Par exemple, lorsque Gary Forsee est devenu président de Sprint en 2003, il a signé un contrat qui lui garantissait de s'enrichir peu importe le sort de sa société.

Le seul fait d'entrer au service de Sprint lui a procuré une prime de 6,5 M$ US en actions et en espèces. De 2003 à 2007, il a reçu entre 1,5 et 5 M$ US par année.

M. Forsee a été remercié à la fin de 2007. Il touchera toutefois une indemnité de quelque 40 M$ US, dont un salaire de 1,5 M$ par année jusqu'en 2009, 5 M$ US de primes, une pension de 84 000 $ US par mois pour le reste de sa vie et une combinaison d'options et d'actions valant 23 M$ US. Le titre a reculé de 60 % en deux ans.

Un autre exemple est Angelo Mozilo, dirigeant du prêteur hypothécaire Countrywide Financial, qui a reçu en moyenne 66,4 M$ US par an au cours des six dernières années. Le titre a perdu 88 % de sa valeur depuis son sommet des 52 dernières semaines.

Évaluations divergentes

Mais globalement, on ne sait pas si la rémunération a augmenté ou diminué en 2007.

Selon Forbes, la rémunération globale aurait diminué en 2007 en raison du mauvais rendement des marchés boursiers. Selon les calculs du magazine, la rémunération totale des dirigeants des 500 plus importantes sociétés américaines a reculé de 15 %, à 6,4 milliards de dollars américains (G$ US), soit 12,8 M$ US par dirigeant.

Elle avait bondi de 38 % l'année précédente.

Par contre, selon une compilation établie par Hay Group, la rémunération médiane des dirigeants de 200 entreprises ayant des revenus supérieurs à 5 G$ US a augmenté de 4,7 % l'an dernier, pour atteindre 2,9 M$ US.

Selon Hay, la rémunération totale (y compris la valeur des options) aurait augmenté de 3,5 %, à 8,8 M$ US en 2007.

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