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Dans ce volet, nous vous proposons un survol de plusieurs technologies permettant de travailler à distance de façon efficace. 5 de 12 Il est 9 heures à Montréal, 8 heures à Dallas et 15 heures à Paris. Des spécialistes d'une multinationale doivent se réunir pour régler un problème urgent. Grâce à la conférence en ligne et la formation à distance, développées par WebEx et, plus près de nous, par la québécoise SVI eSolutions, ces gens peuvent travailler en réseau. Le coût de ces technologies ayant beaucoup baissé, cela rend cette façon de se réunir et de communiquer plus accessible. C'est l'entreprise internationale et virtuelle qui prend forme. Cette façon de faire offre de multiples avantages. Ainsi, en réunissant leurs meilleurs experts sur un sujet en ligne, les entreprises réduisent leurs frais et leur temps liés aux déplacements. Elles peuvent aussi être présentes dans plusieurs pays, partager plus facilement les expertises de leurs spécialistes et accroître leur présence sur plusieurs marchés sans développer une infrastructure bureaucratique trop lourde.
10 000 fournisseurs dans 40 pays...
Li & Fung Ltée est l'exemple typique d'une multinationale qui a choisi cette approche communicationnelle. L'entreprise de Hong-Kong oeuvre dans l'exportation, la distribution et la vente au détail de vêtements. L'un de ses gros clients est Wal-Mart. " Elle donne presque tout à contrat à ses fournisseurs ", affirme Benoit Aubert, directeur du CIRANO et auteur d'un livre sur le sujet. Li & Fung est un pionnier du concept de fabrication dispersée, qui consiste à choisir le meilleur endroit pour fabriquer chaque partie d'un vêtement.
Ainsi, un manteau Li & Fung peut avoir été assemblé à un endroit mais avoir nécessité l'apport de plusieurs fournisseurs dans plusieurs pays. Son chiffre d'affaires est passé de 796 millions à 10,4 milliards de dollars américains de 1994 à 2006.
Cette approche très décentralisée nécessite toutefois une bonne gestion des communications. Imaginez : Li & Fung travaille avec plus de 10 000 fournisseurs en plus d'être présente dans dans 40 pays. Selon une étude de cas réalisée par HEC Montréal, Li & Fung a développé une base de données à la fin des années 1990 pour faire le suivi de toutes ses relations fournisseurs.
Beaucoup de ses clients (tels Avon, Disney et Levi Strauss) communiquent aussi grâce à Internet. Pour ses clients, Li & Fung a créé des sites extranet pour chacun d'eux, grâce auxquels ils ont accès à l'information sur les produits commandés. Le système extranet est également connecté au réseau interne de Li & Fung, afin de faciliter la supervision de la production. Les connexions électroniques varient toutefois selon le degré de perfectionnement du système de télécommunications du pays. En l'absence des technologies adéquates, elle continue de recourir aux visites, au téléphone, à la télécopie, au courrier ou au courriel.
Selon Louis Hébert, professeur à HEC Montréal, cette façon de travailler en réseau peut comporter des risques. Les communications virtuelles n'étant pas toujours aussi efficaces que le contact de personne à personne, " des divergences de vues peuvent apparaître au sein de l'entreprise ainsi que des déséquilibres et des inégalités. Plus la taille du réseau est grande, plus le réseau devient difficile à gérer. En principe, tout le monde est égal dans un réseau, mais certains sont plus égaux que d'autres. " Tous ces éléments peuvent déstabiliser le fonctionnement d'un réseau.
Des ajustements en cours de route
Cascades, qui fonctionne en réseau avec ses 125 unités de production (réparties dans une dizaine de pays) en leur laissant beaucoup d'autonomie, a dû ajuster son approche au fil des ans. Par exemple, sur le plan des relations publiques.
" Aujourd'hui, on ne laisse plus les responsables d'unités répondre directement aux demandes des médias, dit Laurent Lemaire, vice-président principal de Cascades. Ces demandes sont centralisées au siège social afin de protéger l'image de l'entreprise. "
Sur le plan des relations avec ses constituantes, les présidents des quatre groupes de Cascades organisent des réunions tous les mois avec les responsables de ses unités.
" Dans 80 % du temps, les réunions se font dans les usines, dit M. Lemaire. Nous n'utilisons la vidéoconférence ou la conférence téléphonique qu'à l'occasion, car nous privilégions le contact humain. "
Les unités sont tout de même connectées en réseau au moyen d'Intranet. Parmi les fonctions qu'on y trouve, des caméras transmettent des images lorsqu'une machine tombe en panne dans une unité de production. " Grâce à cela, le directeur d'un groupe peut visionner les images avec le responsable d'une unité pour comprendre la raison de la panne ", dit M. Lemaire.
Pour réussir une telle approche en réseau, " il faut bien former le personnel, surtout les cadres, à la culture de l'entreprise, poursuit M. Lemaire. Il faut aussi apprendre à travailler avec les particularités culturelles de chaque région dans laquelle l'entreprise est implantée. "
Verifone, internationale et virtuelle
Née en 1981, Verifone détient le titre de première organisation virtuelle. Spécialisée dans la fabrication de systèmes de paiement électronique, elle possède un arsenal technologique impressionnant pour relier ses constituantes ainsi que ses fournisseurs et ses clients.
Verifone est une entreprise sans papier ni secrétaire, dont les 2 000 employés sont répartis un peu partout dans le monde. Bien qu'elle ait 24 bureaux de vente sur tous les continents et 20 centres de recherche et développement (où 500 employés travaillent), un employé chez Verifone n'est pas tenu de se présenter au bureau. Comme quoi télétravail et bon rendement peuvent aller de pair !
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