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Analyse : Noveko suscite peu d'enthousiasme

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Noveko International a beau miser sur une technologie prometteuse, les analystes considèrent sa stratégie trop risquée pour recommander l'achat du titre.

La technologie de filtration antimicrobienne mise au point par Noveko peut être appliquée à des masques faciaux (utilisés entre autres dans les hôpitaux) et à des filtres à air, utilisés dans les fermes ou les maisons.

L'entreprise croîtra principalement grâce à cette division, explique André Leroux, chef de la direction. Il prévoit des ventes d'environ 100 millions de dollars (M$) en 2008-2009, dont 75 % proviendront des masques et des filtres.

Les masques, contrairement aux filtres, requièrent des approbations sanitaires. Noveko a obtenu les certifications nécessaires au Canada, en Europe et en Afrique, mais elle attend toujours celle de la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis. La FDA a annoncé qu'elle appliquerait le processus d'approbation normal et non accéléré, comme l'espérait Noveko.

Ben Jekic, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins, a conséquemment repoussé de septembre 2008 à janvier 2009 la date probable d'approbation des masques de Noveko. Il a abaissé ses prévisions de revenus pour 2008-2009 de 56 à 48 M$, et celles du bénéfice par action de 0,12 à 0,07 $.

Une stratégie d'affaires éparpillée

Établie à Terrebonne, Noveko compte plusieurs divisions, trop, selon certains.

EMC vend des systèmes d'échographie portables, alors que Laboratoire SyMa vend des produits antimicrobiens sous la marque Azuro.

Pour sa part, Noveko Algérie importe de l'équipement médical en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Noveko a fait quatre acquisitions depuis juin : Magnum Pharmaceutics, un agent de commercialisation, acheté au coût de 3 M$; Unitam, un agent montréalais de développement de marché présent en Chine (2,2 M$); Micron-Air, un fabricant de systèmes de filtration résidentiels (2,9 M$); Purer Life, un fabricant taïwanais de filtres (5,9 M$).

De plus, Noveko compte encore dans son giron Bolduc Leroux, l'entreprise de transformation de l'acier qui a développé un peu par hasard la technologie appliquée aux masques et aux filtres.

"Nous avons d'autres acquisitions en vue et visons une intégration verticale plutôt que le recours à des sous- traitants", précise M. Leroux au journal Les Affaires.

Cette stratégie représente un risque d'exécution, selon M. Jekic.

Il juge que les récentes acquisitions, les processus d'approbation réglementaire et la dispersion géographique ont déconcentré la direction, qui devait développer ses marchés. Il a abaissé sa cible d'un an de 7 à 5 $ et ne recommande plus l'achat du titre.

Un titre trop risqué

Aucun des gestionnaires de portefeuilles consultés ne considère Noveko comme une aubaine, même après la dégringolade de son titre (il a perdu 72 % depuis son sommet des 12 derniers mois) et son accession à la Bourse de Toronto.

"Il y a beaucoup d'attentes mais encore peu de résultats", souligne Patrick Proulx, de Fiera Capital. Il reconnaît le potentiel de la technologie, mais attendra que des contrats sérieux confirment celui-ci avant de considérer un placement dans Noveko.

"Ce n'est pas un mauvais titre, mais il est trop risqué pour nos clients", dit-il.

Werner Muehlemann, chez ING Gestion de placements, juge la capitalisation de Noveko beaucoup trop élevée compte tenu que ses ventes sont faibles et qu'elle n'est pas rentable. "Le concept innovateur a propulsé le titre, mais seulement une innovation sur 20 remplit ses promesses", prévient-il.

Jean-Paul Giacometti, gestionnaire chez Claret, reste aussi de glace : "L'entreprise n'est pas rentable; c'est un de nos critères de placement fondamentaux", tranche-t-il.

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