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Des pilotes sur le banc d'école

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Imaginez-vous aux commandes d'un hélicoptère, volant au coeur d'une escadrille de six appareils en patrouille au- dessus du désert afghan... Et voilà que des ennemis au sol commencent à vous tirer dessus. Il faut réagir vite, mais de façon coordonnée, au risque de télescoper les autres hélicoptères.

C'est le genre de manoeuvre qu'on ne peut pas improviser. Il est vital que les pilotes soient bien formés. Des centres d'entraînement bien équipés sont capables de simuler ce genre de situation dangereuse.

L'entraînement des pilotes et la simulation de vol, c'est le royaume de CAE, qui forme entre autres des pilotes d'hélicoptères militaires dans son centre de Benson, en banlieue de Londres, au Royaume-Uni.

" Il faut comprendre que 90 % de nos revenus viennent de l'extérieur du Canada, et le Royaume-Uni représente un pont idéal entre l'Amérique du Nord et l'Europe ", dit Jeff Roberts, président du groupe Innovation, formation civile et services associés de CAE. " Et nos activités y sont en plein développement. Au volet militaire s'est ajouté celui de l'aviation civile, notamment pour les jets d'affaires. Il y en a beaucoup au Royaume-Uni. "

Ainsi, outre le centre de Benson, l'entreprise canadienne possède un autre centre d'entraînement, civil celui-là, à Burgess Hill, au sud de Londres. Ses activités britanniques sont déjà les plus importantes d'Europe, et elles vont encore s'accroître avec l'entente signée récemment avec Lockeed Martin pour la conception de deux simulateurs reproduisant le cockpit d'un Hawk 128, un avion de plus en plus utilisé par les forces britanniques. Les simulateurs seront construits à Montréal, puis transportés à Benson, où se dérouleront les entraînements.

Visite à Burgess Hill

C'est un Canadien originaire de Winnipeg, Glen Frederick, qui dirige le centre de Burgess Hill, à titre de vice-président à la formation pour l'aviation commerciale.

CAE a racheté de Burgess Hill les installations de son ancien partenaire local, Inverton, à une époque où seulement deux simulateurs de vol s'y trouvaient, pour les appareils Airbus A320 du transporteur Easyjet. Depuis, Easyjet s'est procuré deux autres simulateurs, et Virgin Atlantic a rejoint le centre de simulation.

C'était avant le boom de l'aviation d'affaires, une nouvelle mine d'or pour CAE. " Auparavant, la plupart des avions d'affaires étaient vendus aux États-Unis, dit M. Frederick. Il s'en livre maintenant davantage ailleurs dans le monde. Avec tous ses aéroports, Londres est un centre important pour ce marché en expansion. Nous sommes à proximité. La combinaison est parfaite. "

C'est la société Dassault qui a commandé les premiers simulateurs pour ses avions d'affaires Dassault et Flacon. Bombardier a suivi avec le Challenger et, tout récemment, le Global Express. D'autres ont été installés ou sont en voie de l'être, pour le Hawker Beachcraft et le Phenom, d'Embraer. Le 20 mai, on a d'ailleurs inauguré le nouveau programme de formation pour le Global Express. Formation en salle de classe, suivie de l'essai du simulateur aux couleurs de Bombardier.

Les militaires de Benson

L'atmosphère est plus décontractée à Burgess Hill qu'à Benson, situé au beau milieu d'une base de la Royal Air Force. Là, il faut montrer patte blanche pour accéder aux installations. Mais une fois à l'intérieur, les gens sont détendus. Et studieux, puisqu'on vient de partout dans le monde parfaire sa formation sur les hélicoptères militaires Chinook, Cormoran et autres Puma.

En 15 ans, mis à part les Britanniques, le centre a reçu des Canadiens, des Américains, des Australiens, des Néerlandais, des Japonais... La liste s'allonge de ces pilotes de haut vol qui viennent à Burgess Hill pour se " donner de meilleures chances en situation de combat ", comme le dit Gordon Woolley. Ce vétéran de la Royal Air Force, qui a participé à la première guerre du Golfe, dirige le centre de contrôle tactique, une salle de contrôle informatisée, avec écrans vidéo illustrant l'univers synthétique qu'offrent les simulateurs situés à l'autre bout du bâtiment.

Il faut voir les séquences de vol qu'il soumet aux étudiants. " En Afghanistan, par exemple, les hélicoptères qui atterrissent dans des zones désertiques soulèvent beaucoup de poussière et les pilotes ont alors la vue voilée, dit-il. Nous simulons ces conditions extrêmes pour qu'ils apprennent à se poser sans incident. "

Et combien a-t-il fallu de temps pour concevoir le logiciel qui recrée l'Afghanistan et toutes les situations que peuvent y affronter les pilotes ? " Une semaine. Comme les autres, il a été fabriqué à Montréal. "

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