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Faute d'étudiants, le dernier cégep québécois qui avait encore à son programme une formation technique en production et en gestion des textiles, cessera de l'offrir. Le conseil d'administration du Cégep de Saint-Hyacinthe devrait entériner la décision d'ici la fin du mois.
Depuis six ans, l'institution ne parvenait plus à recruter un nombre suffisant d'étudiants au diplôme d'études collégiales (DEC).
Cette année, elle n'avait pas reçu assez d'inscriptions pour offrir le programme. "Nous constatons que, peu importe nos efforts de promotion et de recrutement, ces formations n'ont plus la cote auprès des jeunes", dit Roger Sylvestre, directeur général du Cégep.
"Et compte tenu du portrait démographique de la région, on ne peut pas espérer un regain d'intérêt pour ce type de programmes", ajoute-t-il.
Pourtant, les diplômés de ce secteur n'auraient aucune crainte de se trouver un boulot, bien au contraire. Bien que malmenée par la concurrence étrangère, l'industrie québécoise des textiles emploie 18 467 personnes et affiche des revenus de plus de 2,2 milliards de dollars, dont 38 % proviennent des ventes à l'étranger.
Les employés du secteur sont âgés en moyenne de 43 ans.
L'industrie prend acte de la décision du Cégep de Saint-Hyacinthe. "C'est désormais notre réalité, mais cela ne nous facilite pas les choses", dit Rosette Laberge, directrice générale du Comité sectoriel de main-d'oeuvre de l'industrie textile du Québec. Cet organisme paritaire soutenu par Emploi-Québec est chargé de promouvoir les métiers et les techniques du secteur.
L'industrie étudie plusieurs scénarios
Les industriels devront continuer de se débrouiller pour embaucher les personnels techniques et les opérateurs dont ils auront besoin.
Le Comité sectoriel envisage plusieurs stratégies : recrutement d'immigrants, formation plus poussée des employés en usine, embauche de nouveaux employés détenant une compétence de base dans les opérations manufacturières ou dans des disciplines complémentaires à qui seront offerts des formations d'appoint, etc.
"Il y a plusieurs scénarios sur la table. Toute l'industrie est dans une période de réflexion", dit Mme Laberge.
Le Cégep de Saint-Hyacinthe va continuer d'offrir, de son côté, une formation professionnelle pour les personnes déjà employées dans les entreprises et des formations d'appoint et de perfectionnement qui déboucheront, le cas échéant, sur une attestation d'études collégiales.
En outre, il conserve ses liens de filiation et de collaboration avec le Centre d'excellence des technologies textiles, géosynthétiques et matériaux souples, le Groupe CTT, qu'il a lancé dans les années 1980.
Le Groupe CTT a tenu un rôle de premier plan dans la réorientation de l'industrie québécoise vers le développement des textiles techniques, des textiles intelligents et des matériaux résistants au feu.
"Nous allons intensifier nos collaborations avec le Groupe CTT, en offrant des formations spécifiques données par des experts du Centre", précise M. Sylvestre.
En 62 ans, l'Institut des textiles du Québec, créé en 1945, et le Cégep de Saint-Hyacinthe, qui l'a relayé à partir de 1968, ont formé 1 226 techniciens pour l'industrie des textiles.